L'inflation en zone euro est repartie à la hausse en février, atteignant 1,9 % sur un an selon une première estimation d'Eurostat publiée mardi. Cette remontée, inattendue par les économistes qui tablaient sur un maintien à 1,7 %, ramène l'indice des prix tout près de l'objectif de 2 % fixé par la Banque centrale européenne (BCE).
Les services tirent les prix vers le haut
La poussée inflationniste est principalement due au secteur des services, dont les prix ont augmenté de 3,4 % sur un an en février, après 3,2 % en janvier. Dans le même temps, la baisse des prix de l'énergie a ralenti, passant de -4 % en janvier à -3,2 % en février.
« Ces chiffres montrent qu'avant même le début du conflit, les pressions inflationnistes étaient loin d'être calmées. Et désormais, la situation redevient mouvementée », prévient Bert Colijn, chef économiste de la banque ING, qui place la BCE en « alerte maximale ».
La guerre au Moyen-Orient fait planer le spectre de 2022
La guerre israélo-américaine contre l'Iran menace de perturber l'approvisionnement européen en hydrocarbures et a déjà provoqué une flambée des cours du pétrole et du gaz. Selon Bert Colijn, si le conflit durait « quelques semaines », l'inflation pourrait grimper autour de 2,5 %. En cas de conflit plus long, les conséquences seraient plus graves.
Les économistes gardent en mémoire la flambée des prix de l'énergie en 2022, provoquée par l'invasion russe de l'Ukraine. L'inflation en zone euro avait alors atteint un record de 10,6 % sur un an en octobre 2022. La BCE avait été contrainte de relever fortement ses taux directeurs, avant de commencer à les réduire mi-2024, jusqu'à ramener son principal taux à 2 % en juin 2025.
La BCE dans l'expectative
La banque centrale doit revoir ses taux dans deux semaines. La plupart des économistes tablent sur un maintien de la politique monétaire dans l'immédiat, le temps d'évaluer l'évolution du conflit au Moyen-Orient.
Riccardo Marcelli Fabiani, du cabinet Oxford Economics, juge « improbable » un relèvement des taux en mars. Selon lui, « il convient de relativiser l'impact » des événements au Moyen-Orient, « car l'offre de pétrole recommence progressivement à dépasser la demande, et l'énergie ne représente qu'une faible part du panier de biens et services » rentrant dans le calcul de l'inflation.











