Le bras de fer entre le Hongrois Viktor Orban et l'Ukrainien Volodymyr Zelensky au sujet du pétrole russe a pris une nouvelle dimension vendredi, sur fond d'escalade verbale, d'expulsions diplomatiques et de chantage financier au sein de l'Union européenne.
Zelensky ferme la porte à l'oléoduc Droujba
Viktor Orban s'indigne que Zelensky empêche la reprise des livraisons de pétrole russe par l'oléoduc Droujba — « amitié » en russe —, dont la portion ukrainienne a été endommagée par une frappe russe en janvier. L'UE avait exempté cet oléoduc de l'embargo sur le pétrole russe pour laisser aux pays d'Europe centrale le temps de trouver des alternatives.
Jeudi, Zelensky a levé toute ambiguïté. « Pour être honnête, je ne le rétablirai pas. C'est ma position », a-t-il déclaré. « C'est du pétrole russe. Il y a certains principes qui n'ont pas de prix. Ils sont en train de nous tuer, et nous, nous serions censés fournir du pétrole à Orban parce que le pauvre Orban ne peut pas gagner les élections sans ce pétrole. »
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Orban : blocage du prêt et expulsions
Budapest bloque en représailles le prêt de l'UE de 90 milliards d'euros à l'Ukraine et l'adoption d'un nouveau paquet de sanctions contre la Russie. « Nous arrêterons de laisser transiter par la Hongrie des choses importantes pour l'Ukraine, jusqu'à ce que nous recevions l'approbation pour les livraisons de pétrole », a prévenu Orban.
La Hongrie a annoncé l'expulsion de sept ressortissants ukrainiens « liés à l'armée », arrêtés alors qu'ils convoyaient de l'or et des devises depuis l'Autriche. Une enquête a été ouverte pour blanchiment d'argent. Budapest évoque depuis janvier « 900 millions de dollars et 420 millions d'euros » transportés en liquide, ainsi que « 146 kilos de lingots d'or ».
Kiev a dénoncé linterception du transfert
Kiev a dénoncé « l'interception du transfert de fonds » et brandit la menace de sanctions, tandis que la banque centrale ukrainienne a annoncé l'envoi d'une mission en Hongrie.
Menaces et condamnations
Zelensky a haussé le ton jusqu'à la menace : « Nous espérons qu'une seule personne au sein de l'UE ne bloquera pas les 90 milliards. Sinon, nous donnerons l'adresse de cette personne à nos forces armées. » Une déclaration jugée « inacceptable » par Bruxelles et condamnée tant par le gouvernement hongrois que par l'opposition hongroise.
Orban a répliqué : « Pas même s'ils me font chanter, pas même s'ils menacent ma vie. Je suis convaincu que nous ne devons pas nous y plier. »
La crise est exacerbée par
La crise est exacerbée par la flambée des cours du pétrole et du gaz depuis le début des frappes israélo-américaines en Iran. Les prix élevés de l'énergie sont un point noir pour l'économie hongroise, déjà atone, alors que les sondages sont mauvais pour Orban après seize ans de pouvoir.











