Au pied du mont Usu, volcan en activité du nord du Japon, les cris fusent et les boules de neige sifflent. A Sobetsu, sur l'île d'Hokkaido, le championnat annuel de yukigassen réunit ce week-end plus d'un millier de joueurs pour une très sérieuse compétition, entre bataille de boules de neige et ballon prisonnier.
Un sport né d'une crise touristique
L'idée est née d'une crise locale. Après l'éruption du mont Usu en 1977, le tourisme thermal s'est effondré à Sobetsu. Les habitants ont eu un déclic en voyant des touristes s'amuser à se lancer des boules de neige : et si ce jeu d'enfants pouvait sauver la commune ?


« C'est un sport primitif, presque instinctif pour l'être humain », souligne auprès de l'AFP Yuji Ano, président du comité organisateur. « Bien avant le patinage ou le ski, les humains se lançaient déjà des boules de neige. C'est le plus ancien sport d'hiver de l'humanité. »
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Il ne restait plus quà coucher
Il ne restait plus qu'à coucher des règles sur papier, concevoir des casques spécifiques et inventer des moules à boules de neige. Le premier tournoi international a eu lieu en 1989.
Sept joueurs, 180 boules, trois minutes
Sur le terrain, la force brute ne suffit pas : la fédération japonaise insiste sur le « défi cérébral » du jeu. Deux équipes de sept joueurs se canardent en se retranchant derrière des abris. L'objectif : toucher les sept adversaires avec des boules sphériques confectionnées dans une machine spéciale, ou s'emparer de leur drapeau.



« Quand on est touché, ça fait mal, mais c'est surtout notre orgueil qui en prend un coup », sourit Toshihiro Takahashi, 48 ans, fonctionnaire en sueur après son match.
Treize pays, mais des obstacles vers les JO
Le yukigassen s'est exporté en Australie dès 1992, puis en Finlande, en Scandinavie, en Russie et en Amérique du Nord. Il est pratiqué dans 13 pays, selon M. Ano, qui voudrait profiter de cette expansion pour en faire une discipline olympique.



Pour séduire le Comité international olympique, le sport a dû paradoxalement s'affranchir de la neige : des balles artificielles permettent désormais la pratique en gymnase ou sur la plage toute l'année.
Mais un obstacle majeur subsiste larbitrage
Mais un obstacle majeur subsiste : l'arbitrage. « Huit arbitres observent chaque match, où 180 boules de neige peuvent voler pendant trois minutes », explique M. Ano. « Juger tout cela avec précision est quasiment impossible. Tant que nous n'aurons pas réglé ce point, ce sera difficile » de prétendre aux JO.










