Emmanuel Macron prend la parole lundi à 15h15 depuis l'Île Longue, le sanctuaire de la dissuasion nucléaire française, face à Brest. Ce discours, le premier en cinq ans sur le sujet, intervient dans un contexte de tensions extrêmes après l'offensive israélo-américaine en Iran.
Une doctrine à actualiser face aux menaces
Plusieurs bouleversements sont intervenus depuis le dernier discours présidentiel sur la dissuasion, le 7 février 2020 : une « Russie agressive », la montée en puissance nucléaire de la Chine et une « période propice à la prolifération », selon l'Élysée.
L'enjeu est brusquement remis en lumière par l'offensive en Iran et la crise du nucléaire iranien. « Ce sera un moment important du mandat », avec « sans doute des bascules et des évolutions assez significatives », a-t-on esquissé dans l'entourage présidentiel.
À lire aussi
- Mobilisation en France pour la libération du journaliste Christophe Gleizes
- Paris : un homme armé de couteaux grièvement blessé par la police
Les États-Unis qui ont assuré pendant
Les États-Unis, qui ont assuré pendant des décennies la protection de l'Europe, exigent désormais de leurs alliés qu'ils se prennent en main. Les doutes grandissent quant à l'engagement américain sur le continent.
Vers un parapluie nucléaire européen ?
En 2025, le président a lancé une discussion stratégique avec l'Allemagne et la Pologne sur la protection des alliés par la dissuasion française. En février 2026 à Munich, il a suggéré des « coopérations spéciales, des exercices communs et des intérêts de sécurité communs avec certains pays-clés ».
En mai 2025, Macron s'était dit prêt à discuter du stationnement d'avions français porteurs de la bombe atomique dans d'autres pays européens. Ce serait un premier pas vers un parapluie nucléaire français, à l'image du dispositif américain qui stationne des bombes dans cinq pays de l'Otan.
Le président nationaliste polonais Karol Nawrocki
Le président nationaliste polonais Karol Nawrocki s'est même déclaré partisan d'un « projet nucléaire polonais ».
La question de la « stricte suffisance »
La France dispose de 290 têtes nucléaires, qu'elle considère comme la « stricte suffisance » pour infliger des « dommages inacceptables ». La Russie en détient 4 300, les États-Unis 3 700, la Chine 600 et le Royaume-Uni 225, selon le centre de réflexion suédois SIPRI.

« Ce que les alliés attendent, c'est une augmentation du nombre de têtes pour être plus crédible », relève Florian Galleri, spécialiste de la dissuasion française au MIT. « Le mouvement est quand même à l'augmentation des arsenaux », souligne l'amiral Bernard Rogel, ancien chef d'état-major particulier de Macron.
Mais lamiral tempère On doit avoir
Mais l'amiral tempère : « On doit avoir ce dont on a besoin pour faire peser la menace de dommages inacceptables sur l'adversaire, pas pour le démolir 25 fois. » Le président pourrait aussi rester délibérément flou au nom de la nécessaire « ambiguïté stratégique ».











