Le chiffre est brutal : 847 ingénieurs travaillaient sur Alexa, l'assistant vocal d'Amazon. Ils ne sont plus que 23. Le reste de la charge de travail a été transféré à des sous-traitants basés à Bangalore, qui utilisent des outils d'intelligence artificielle pour assurer le développement, la maintenance et les tests du produit. Ce cas, documenté par la presse tech américaine, illustre une transformation qui dépasse largement Amazon.
847 ingénieurs, 23 restants : le cas Alexa
Selon des informations rapportées par American Bazaar et NovaEdge Digital Labs, la division Alexa comptait environ 847 ingénieurs avant la restructuration. La quasi-totalité a été licenciée ou réaffectée. Les 23 salariés restants supervisent le travail de sous-traitants indiens qui utilisent des outils de programmation assistée par IA, notamment Cursor, un éditeur de code qui génère automatiquement des pans entiers de logiciel.
Le modèle est inédit : Amazon ne remplace pas des ingénieurs par des robots, mais par une combinaison de main-d'œuvre moins coûteuse et d'outils IA qui multiplient la productivité de chaque développeur. Un sous-traitant équipé de Cursor peut, selon les estimations internes citées par la presse américaine, produire autant de code qu'une équipe de cinq à dix programmeurs classiques.
30 000 postes supprimés, 40 % d'ingénieurs
Le cas Alexa s'inscrit dans une restructuration massive chez Amazon. Le géant du commerce en ligne a supprimé 16 000 postes en janvier 2026, puis annoncé une deuxième vague de 14 000 licenciements en mars. Au total, 30 000 emplois ont été touchés.
Selon FinalRoundAI, 40 % des postes supprimés concernent des ingénieurs logiciels. C'est un changement de nature par rapport aux vagues précédentes, qui ciblaient principalement les fonctions support (RH, communication, juridique). Désormais, ce sont les créateurs du produit qui sont remplacés.
Andy Jassy, PDG d'Amazon, a justifié cette stratégie par la volonté de « réinvestir massivement dans l'IA générative » et de « simplifier l'organisation ». Le budget IA d'Amazon pour 2026 dépasse 100 milliards de dollars.
Un phénomène qui dépasse Amazon
Selon le site Développez.com, l'IA est citée dans près de 50 000 suppressions d'emplois dans le secteur tech depuis le début de l'année 2026. Google, Meta, Microsoft et SAP ont tous procédé à des restructurations où l'automatisation par l'IA est un facteur explicite.
Le cabinet Econostrum estime que 5 millions d'emplois pourraient être affectés en France d'ici 2030 par l'IA, principalement dans les fonctions répétitives, la programmation de base, le support client et la gestion documentaire.
Pour la France, l'enjeu est double. D'une part, les entreprises tech françaises pourraient adopter le même modèle qu'Amazon : moins d'ingénieurs internes, plus de sous-traitance assistée par IA. D'autre part, les développeurs français qui maîtrisent ces outils IA voient leur valeur sur le marché augmenter, tandis que ceux qui n'adaptent pas leurs compétences risquent d'être évincés.











