Les pompiers luttaient vendredi 20 mars contre un incendie dans la raffinerie de Mina Al-Ahmadi au Koweït, provoqué par des frappes de drones iraniens. L'attaque n'a pas fait de victime, mais a entraîné la fermeture de plusieurs unités du site, déjà touché auparavant. En Iran, le porte-parole des Gardiens de la Révolution, Ali-Mohammad Naïni, a été tué dans une frappe israélo-américaine à l'aube.
Quels pays du Golfe sont visés par les frappes iraniennes ?
La raffinerie koweïtienne de Mina Al-Ahmadi est la deuxième installation du pays frappée par des drones iraniens depuis le début du conflit. Les Émirats arabes unis ont déclaré faire face à des attaques de missiles et de drones vendredi. Bahreïn a maîtrisé l'incendie d'un entrepôt causé par des éclats de projectile provenant d'une « agression iranienne ».
Plus d'une douzaine de drones ont été « interceptés et détruits » en Arabie saoudite en l'espace de deux heures, selon le ministère de la Défense saoudien. En représailles à l'offensive conjointe des États-Unis et d'Israël lancée le 28 février, Téhéran vise quotidiennement les intérêts américains et les infrastructures énergétiques des pays du Golfe.
« Les dommages durables entraînent un choc économique profond », relève Robert Pape, expert militaire à l'Université de Chicago. « C'est ainsi qu'une guerre régionale peut devenir une crise économique mondiale historique. »
Que signifie la mort du porte-parole des Gardiens de la Révolution ?
L'annonce de la mort du porte-parole des Gardiens de la Révolution est intervenue quelques minutes après la publication d'un communiqué signé de sa main. « Notre industrie balistique mérite une note parfaite. Il n'y a aucune inquiétude à ce sujet, car même en temps de guerre, nous continuons à fabriquer des missiles », déclarait Ali-Mohammad Naïni.

Il répondait aux déclarations du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui avait affirmé jeudi : « Nous gagnons et l'Iran est en train d'être décimé. » Selon lui, Téhéran n'aurait plus « la capacité d'enrichir de l'uranium » ni « de produire des missiles balistiques ». « Cette guerre va se terminer bien plus vite que ce que les gens imaginent », avait-il ajouté sans avancer de calendrier.
Le prix du pétrole reculait vendredi après ces propos jugés rassurants, et les Bourses européennes ont ouvert dans le vert. Le Qatar a toutefois estimé que sa capacité d'exportation de GNL est réduite de 17 % après les frappes iraniennes sur son site de production de Ras Laffan.
Quels pays sont prêts à sécuriser le détroit d'Ormuz ?
La France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas et le Japon se sont dits « prêts à contribuer » aux efforts pour sécuriser la navigation dans le détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le pétrole et le gaz mondiaux bloqué de facto par l'Iran. Paris, Rome et Berlin conditionnent toutefois leur implication à un arrêt des combats. Le président français Emmanuel Macron a évoqué un « cadre onusien » pour une telle mission.
Donald Trump a demandé à Israël de ne plus attaquer les infrastructures énergétiques iraniennes, et Benjamin Netanyahu a dit s'y « conformer ». Le président américain a cependant menacé de détruire « massivement l'intégralité du gisement » gazier si Téhéran poursuivait ses attaques. L'Iran a prévenu qu'il ne ferait preuve d'« aucune retenue » si ses infrastructures étaient à nouveau visées.
Les pays membres de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) ont commencé à libérer des stocks de pétrole. Un total de 426 millions de barils, en majorité du brut, doit être mis à disposition pour détendre le marché.
Norouz et Aïd el-Fitr sous les bombes
Les frappes assombrissent l'atmosphère dans laquelle la région aurait dû être plongée. Le nouvel an persan (Norouz) et la fête de rupture du jeûne musulman (Aïd el-Fitr) tombent tous deux vendredi 20 mars. Les Européens, réunis jeudi en sommet, ont appelé à une « retenue maximale » des parties et un « moratoire » sur la destruction des raffineries et sites de production du Moyen-Orient.











