Uber a annoncé le 19 mars un partenariat stratégique avec le constructeur américain de véhicules électriques Rivian pour déployer jusqu'à 50 000 robotaxis entièrement autonomes. L'investissement peut atteindre 1,25 milliard de dollars. Aucun média français généraliste n'a relayé l'information à ce jour.
1,25 milliard de dollars et 50 000 véhicules
Selon TechCrunch, CNBC et Bloomberg, Uber investira initialement 500 millions de dollars dans Rivian, avec une option pour monter à 1,25 milliard. En échange, Rivian fournira des R2, un SUV électrique compact, équipés de systèmes de conduite autonome de niveau 4.
Le R2 n'est pas encore produit. Rivian prévoit de lancer la production en 2027 dans son usine de Normal (Illinois). Les premiers robotaxis Uber/Rivian circuleront à San Francisco et Miami dès 2028, selon le communiqué de Rivian. L'objectif est de couvrir 25 villes dans le monde d'ici 2031.
Pourquoi Uber parie sur Rivian
Uber ne possède aucun véhicule. Sa flotte repose sur 5,4 millions de chauffeurs indépendants dans le monde. Le passage aux robotaxis est un pivot stratégique : supprimer le coût du chauffeur, qui représente environ 60 % du prix d'une course.
Uber a déjà signé des accords avec Waymo (Alphabet) et Motional pour des robotaxis. Le partenariat avec Rivian est le plus ambitieux en volume : 50 000 véhicules contre quelques milliers pour les précédents accords. C'est aussi le premier où Uber investit directement au capital du constructeur.
Pour Rivian, l'accord représente une bouffée d'oxygène. Le constructeur, qui a brulé des milliards depuis son introduction en bourse en 2021, obtient un client garanti pour son modèle R2.
Ce que cela change pour l'Europe et la France
Le plan d'expansion mentionne des villes européennes parmi les 25 cibles d'ici 2031. Uber opère déjà dans la plupart des grandes villes du continent. Mais le déploiement de véhicules autonomes se heurte à des obstacles réglementaires considérables.
En France, la loi d'orientation des mobilités (LOM, 2019) et ses décrets d'application autorisent les expérimentations de véhicules autonomes sur route ouverte, mais aucun cadre n'existe pour une exploitation commerciale à grande échelle. Le règlement européen sur les véhicules autonomes, en cours de négociation, n'est pas attendu avant 2028.
Parallèlement, Amazon remplace déjà 847 ingénieurs par 23 salariés assistés par l'IA. Pour les chauffeurs VTC français (environ 50 000 en activité), le signal est clair : Uber prépare un monde où le chauffeur n'existe plus. Le délai de 3 à 5 ans laisse le temps d'une transition, mais la direction est prise.
La course aux robotaxis s'accélère
Waymo (Alphabet) opère déjà des robotaxis commerciaux à San Francisco, Phoenix et Los Angeles, avec plus de 100 000 courses par semaine. Tesla a annoncé son robotaxi « Cybercab » pour 2026 mais accumule les retards. Cruise (General Motors) a suspendu ses opérations après un accident en 2023 et n'a pas repris.
L'accord Uber-Rivian est le plus gros pari financier à ce jour dans le secteur. Il confirme que la question n'est plus de savoir si les robotaxis arriveront, mais quand et dans quelles villes.











