La Garonne, en proie à une crue majeure depuis plusieurs jours, reste en vigilance rouge dimanche. Les niveaux ont atteint un plateau en Gironde et dans le Lot-et-Garonne, mais le retour annoncé d'un temps humide dès la semaine prochaine fait craindre une nouvelle montée des eaux.
Un plateau fragile sur la Garonne
Dans le Lot-et-Garonne, le pic de crue a été atteint samedi, suivi d'une légère décrue, selon Vigicrues. Une remontée est toutefois attendue dès mardi et mercredi. En Gironde, les niveaux se stabilisent et une lente décrue pourrait s'amorcer en fin de journée dimanche.
« On n'est pas au bout de la crue, et loin de là je pense », a déclaré Bruno Marty, maire de La Réole, commune girondine parmi les plus touchées. « Vous regardez tout autour de vous, c'est un océan, ça fait flipper quand même », a-t-il ajouté.
Étienne Guyot préfet de Gironde
Étienne Guyot, préfet de Gironde et de Nouvelle-Aquitaine, a confirmé que la crue se trouvait sur un plateau. « On ne va pas redescendre tout de suite. Et vous voyez comme moi la pluie qui reprend », a-t-il déclaré dimanche.
Évacuations et nouvelles intempéries redoutées
Dans le Lot-et-Garonne, environ 1 500 personnes ont été évacuées de manière préventive, dont environ 1 000 sur la seule commune d'Aiguillon. En Gironde, quelque 80 personnes ont quitté leur domicile pour être mises à l'abri par les secours.
Une quinzaine de départements sont en vigilance orange pour des crues, sur un arc allant de la Bretagne à l'Occitanie. Quatre départements pyrénéens, des Pyrénées-Atlantiques à l'Ariège, seront placés en vigilance orange pluie-inondations dès lundi.
Le retour des pluies couplé
Le retour des pluies, couplé à un phénomène de grandes marées, risque d'alimenter une nouvelle crue. En Charente-Maritime, la crue de la Charente, placée en vigilance orange, prend de l'ampleur : elle pourrait dépasser celle de 1994 et se rapprocher de la crue centennale de 1982, selon la préfecture.
Bilan de la tempête Nils et situation électrique
Les cumuls de précipitations des deux derniers mois ont saturé les sols, ralentissant le rétablissement des réseaux ferroviaire, routier et électrique après la tempête Nils, survenue jeudi. Cette tempête a causé deux morts directs en France et de nombreux dégâts matériels.

Un homme est décédé samedi à Sarbazan, dans les Landes, des suites d'une intoxication au monoxyde de carbone. Il avait activé un groupe électrogène en attendant le raccordement au réseau, portant le bilan à trois victimes.
L'avis de Enedis
Selon Enedis, plus de 95 % des clients privés d'électricité depuis le passage de Nils étaient réalimentés dimanche à 18h30, mais 45 000 foyers restaient sans courant. En Île-de-France, un épisode neigeux avait conduit les compagnies aériennes à réduire leurs programmes de vols sur les aéroports parisiens avant la levée de la vigilance orange dimanche midi.
« Je sens les gens un peu résignés », a souligné le maire de La Réole. « Ils ont bien conscience que ce sont des événements qui vont arriver de plus en plus souvent. »











