L'islamologue suisse Tariq Ramadan comparaît à partir de lundi devant la cour criminelle départementale de Paris. Le prédicateur de 63 ans est poursuivi pour des viols sur trois femmes commis en France entre 2009 et 2016, des faits qu'il conteste.
Trois accusations de viols entre 2009 et 2016
La cour d'appel de Paris a ordonné en juin 2024 le renvoi de Tariq Ramadan devant la cour criminelle pour trois accusations distinctes. La première concerne un viol aggravé, avec violences et sur personne vulnérable, commis sur une femme désignée sous le prénom de Christelle à Lyon en octobre 2009.
La deuxième accusation porte sur un viol qui aurait eu lieu en 2012 à Paris sur Henda Ayari, ex-salafiste devenue militante laïque. C'est elle qui avait déclenché l'affaire en portant plainte en octobre 2017. La troisième accusation concerne une autre femme, pour des faits remontant à 2016.
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Les plaignantes ont décrit des relations
Les plaignantes ont décrit des relations sexuelles particulièrement brutales. Les juges d'instruction ont relevé « la main qui tient et force la tête, le bras qui empêche de bouger, le poids du corps, les paroles de domination et de soumission ».
Un accusé déjà condamné en Suisse
En Suisse, après un acquittement en première instance, Tariq Ramadan a été condamné en appel en septembre 2024 à trois ans de prison, dont un an ferme, pour le viol d'une femme dans un hôtel à Genève en octobre 2008. Il a annoncé saisir la Cour européenne des droits de l'homme et a déposé une demande de révision.
L'intellectuel avait d'abord nié toute relation sexuelle avec les plaignantes, avant d'admettre mi-2018 l'existence de relations adultères, qualifiées de « rudes mais consenties ». Ce revirement avait constitué un tournant dans le dossier.
Des débats procéduraux jusqu'au dernier moment
L'une des victimes, Christelle, va demander le huis clos dès l'ouverture du procès « afin de protéger son identité », selon ses avocates. Ce procès représente « une forme d'aboutissement longtemps attendu » après « plus de huit années de procédure ».
La défense conteste les conditions du procès. Ses avocats estiment que « l'obstination de l'autorité judiciaire à maintenir l'audience ne semble pas permettre la tenue d'un procès équitable ». Ils font également valoir que leur client souffre de sclérose en plaques.
Ce procès nest ni un complot
« Ce procès n'est ni un complot ni un combat politique mais l'histoire tristement ordinaire du viol de trois femmes sous emprise », résume Me Sarah Mauger-Poliak, avocate de Henda Ayari. Les débats doivent se poursuivre jusqu'au 27 mars.











