Emmanuel Macron ouvre mardi 10 mars à Paris le deuxième sommet sur l'énergie nucléaire, en partenariat avec l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Une quarantaine de pays, dont les États-Unis et la Chine, participent à cette conférence organisée à la Seine musicale de Boulogne-Billancourt. La Russie, autre géant du secteur, est absente en raison de la guerre en Ukraine.
Un sommet dans un contexte de guerre au Moyen-Orient
La conférence se tient alors que la guerre au Moyen-Orient provoque une flambée historique des cours du pétrole et rappelle la fragilité des économies dépendantes des énergies fossiles. Le baril de Brent a brièvement dépassé 119 dollars lundi, et le gazole a franchi la barre des 2 euros le litre en France.
« Le contexte géopolitique mondial et les tensions géoéconomiques croissantes nous poussent à revoir nos modèles énergétiques, qui doivent combiner décarbonation, emplois et souveraineté énergétique », souligne Emmanuel Macron dans le dossier de présentation du sommet. Le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Birol, a estimé qu'il était « dans l'intérêt des pays européens de développer leurs énergies renouvelables et d'opérer un retour en force de l'énergie nucléaire ».
Tripler les capacités nucléaires d'ici 2050
L'objectif du sommet est d'établir « une feuille de route concrète vers 2050 », dans la continuité de la déclaration de la COP28 à Dubaï visant à tripler les capacités nucléaires installées. Une trentaine de pays ont déjà souscrit à cet engagement et Paris espère en rallier de nouveaux.
Le nucléaire représente actuellement 10 % de l'électricité produite dans le monde, avec 450 réacteurs dans une trentaine de pays. Selon le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, « une quarantaine d'autres pays ont manifesté un intérêt ferme » ces dernières années, citant l'Afrique du Sud et l'Argentine. Le sommet, qui succède à une première édition tenue à Bruxelles en 2024, se déroule aussi en cette année 2026 marquée par le 15e anniversaire de l'accident de Fukushima et le 40e de la catastrophe de Tchernobyl.
SMR européens et financement au cœur des débats
L'Union européenne doit dévoiler lors du sommet sa stratégie pour accélérer le développement des petits réacteurs nucléaires modulaires (SMR) en Europe, visant une première commercialisation à l'horizon 2030. Bruxelles redoute d'être distancée par la Chine et les États-Unis et souhaite encourager les start-up européennes à s'associer pour aller plus vite.
Le financement reste un défi majeur pour une industrie marquée par des retards et des dépassements de coûts. « Pour développer tous ces projets dans le monde, nous avons besoin des acteurs privés » en complément des financements publics et des grandes banques de développement, souligne l'Élysée.
L'ONG Greenpeace a critiqué cette orientation, estimant que le nucléaire « n'est pas la solution pour sortir au plus vite des énergies fossiles, contrairement aux énergies renouvelables et aux économies d'énergie ».











