Au centre de crise et de soutien (CDCS) du Quai d'Orsay, l'onde de choc de la guerre déclenchée en Iran le 28 février se fait désormais ressentir bien au-delà du Moyen-Orient. Les équipes se relaient 24 heures sur 24 pour gérer un afflux d'appels de Français bloqués à travers le monde.
400 000 Français au Moyen-Orient, 20 000 déjà rentrés
Sur les 400 000 ressortissants français résidents et de passage dans les pays touchés, près de 20 000 ont pu rentrer, dont une grande majorité (17 000) via des vols commerciaux, a indiqué la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon. Environ 2 000 personnes dites « vulnérables » — enfants, femmes enceintes, personnes souffrant de pathologies chroniques — ont été rapatriées via des vols affrétés par le ministère.
« Il y a une dizaine de jours, nous recevions des appels de Français qui cherchaient des informations pour quitter la région et fuir la guerre », explique Martial, 59 ans, ancien militaire et bénévole de la Croix-Rouge. « Aujourd'hui, nous recevons des appels de gens de passage qui rencontrent des problèmes de vols annulés successivement. »
20 000 touristes français bloqués en Asie
La crise « déplace ses effets induits en-dehors de cette zone du Moyen-Orient », souligne le directeur du CDCS Philippe Lalliot, qui se voit contraint de « recaler le dispositif ». Le Quai d'Orsay travaille désormais avec les compagnies aériennes pour les touristes en Thaïlande, au Vietnam, au Sri Lanka et en Inde, « où se trouvent les plus gros contingents de touristes qui doivent trouver une solution de retour ».

Ces quelque 20 000 touristes français doivent rentrer via des hubs aériens tels que Doha et Dubaï, régulièrement visés par des attaques de drones et de missiles iraniens qui perturbent le trafic. Les espaces aériens de certains pays sont également fermés.
Un dispositif médical et psychologique inédit
Marine Meneret, 36 ans, médecin urgentiste à Tours, fait partie des quelque 200 médecins de la « réserve sanitaire » mobilisés. « J'évalue les problèmes médicaux » des ressortissants, explique-t-elle : troubles cardiaques, diabète, problèmes pulmonaires ou de mobilité. « On les écoute et on les assure de faire le maximum pour honorer leur demande. Au besoin, nous leur fournissons une ordonnance. »
« Pour la première fois, on a intégré une cellule médico-psychologique » au dispositif, souligne Philippe Lalliot, pour orienter les personnes les plus fragiles vers des professionnels. « Car vous pouvez avoir des personnes qui n'ont aucune pathologie mais qui sont dans une profonde détresse du fait du choc de la guerre. »
Le Liban, double mission
Depuis le début du conflit, 12 000 appels ont été traités depuis les antennes de Paris, de Nantes et les ambassades françaises. La fréquence a toutefois ralenti, passant de plus de 1 000 par jour à 500.
Au-delà de l'aide aux ressortissants, le CDCS assure aussi un soutien humanitaire. « Au Liban, on traite à la fois la dimension de protection de nos 24 000 ressortissants et la mission humanitaire à destination de la population libanaise », souligne Philippe Lalliot. Une opération fret de 60 tonnes d'aide aux réfugiés était prévue jeudi matin.











