C’était le seul et unique rendez-vous télévisé avant le second tour à Paris. Emmanuel Grégoire (gauche unie), Rachida Dati (LR-MoDem) et Sophia Chikirou (LFI) se sont affrontés mercredi soir pendant près de trois heures sur BFMTV et Le Figaro TV, dans un climat électrique à quatre jours du scrutin.
Dati entre soutiens embarrassants et dynamique de second tour
Au premier tour, Grégoire avait devancé Dati de plus de 12 points (38,7 % contre 24,7 %). Mais la candidate LR aborde le dernier virage en position de force, renforcée par deux ralliements majeurs.
D’abord, celui de la liste Horizons-Renaissance de Pierre-Yves Bournazel (qui s’est personnellement retiré). Ensuite, le désistement de Sarah Knafo (Reconquête), créditée de plus de 10 % au premier tour.
Jordan Bardella a ajouté à l’embarras en confiant qu’il voterait Dati « à titre personnel » s’il était parisien. Un soutien dénoncé à gauche comme un « baiser de la mort ».
Grégoire a étrillé sa rivale : « Imaginez-vous un seul instant Jacques Chirac élu maire de Paris avec le soutien de Jean-Marie Le Pen ? » Il l’accuse de « faute morale » en acceptant le soutien de l’extrême droite.
Dati a dénoncé des « attaques outrancières » et accusé le camp Grégoire de « piétiner la présomption d’innocence », en référence à son procès pour corruption prévu en septembre. Notre fiche Paris détaille les résultats du premier tour et les enjeux du second.
Chikirou vise le bilan Hidalgo
Sophia Chikirou, en troisième position, s’est posée comme la « seule opposante » à Dati mais a réservé l’essentiel de ses attaques au bilan d’Anne Hidalgo, dont Grégoire fut l’adjoint.
Le périscolaire, secoué par des affaires de violences sexuelles, a cristallisé les tensions : Dati et Chikirou en tiennent l’ancien adjoint pour responsable.
La candidate LFI n’était initialement pas invitée à ce débat. BFMTV est revenue sur sa décision après que LFI a saisi l’Arcom.
Grégoire a dit « n’avoir qu’une seule adversaire : Rachida Dati », considérant Chikirou comme une « concurrente » dont il appelle l’électorat à voter pour sa liste.
Alliances contestées dans toute la France
Nice : Retailleau lâche Estrosi
À Nice, le patron de la droite Bruno Retailleau a semé la zizanie en retirant son soutien au maire sortant Christian Estrosi (Horizons), en mauvaise posture face à Éric Ciotti, allié du RN.
Édouard Philippe (Horizons), Gabriel Attal (Renaissance) et Gérard Larcher (LR) ont néanmoins renouvelé leur concours à Estrosi, Larcher appelant à « respecter » les accords de la droite et du centre. En cas de victoire du RN, les conséquences seraient majeures pour ces grandes villes.
Retailleau, qui se voit candidat à la présidentielle pour « l’union des droites dans les urnes », reproche aussi au RN de « faire gagner la gauche contre la droite » en maintenant ses candidats dans des villes comme Gap, Brest, Fougères, Alençon ou Limoges.
Le Pen dans le bassin minier, LFI espère dix victoires
Marine Le Pen s’est lancée mercredi dans une tournée du bassin minier du Pas-de-Calais, que le RN espère emporter après son échec à Lens. Le parti est en position de se maintenir dans plus de 260 localités, sans front républicain.
À gauche, les alliances PS-LFI continuent de diviser. Jean-Luc Mélenchon a annoncé espérer « une petite dizaine de victoires » au second tour.
Consultez la liste des communes qui votent le 22 mars et notre analyse complète des enjeux du second tour.
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