Publié le 18 mars 2026. Emmanuel Macron a révélé le nom du successeur du Charles de Gaulle lors d’une visite au site Naval Group de Nantes-Indret (Loire-Atlantique), où sont fabriquées les chaufferies nucléaires de la Marine.
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Pourquoi « France Libre » ?
Le nom renvoie au mouvement fondé par le général de Gaulle après son appel du 18 juin 1940. Les porte-avions français s’inscrivent dans une filiation gaullienne : Clemenceau, Foch, Charles de Gaulle.
Macron a déclaré : « L’esprit français, c’est un esprit de résistance. C’est une volonté que rien n’arrête. » Et : « Pour être libre, il faut être craint et, pour être craint, il faut être puissant. »
Fiche technique : un géant de 80 000 tonnes
Le France Libre sera presque deux fois plus lourd que le Charles de Gaulle (42 500 tonnes). Voici ses caractéristiques confirmées :
- Déplacement80 000 tonnesLongueur310 mètres (vs 261 m CdG)Largeur pont d’envol~90 mètres (+40 %)Propulsion2 réacteurs K22, 220 MW chacunCatapultes3 EMALS électromagnétiquesAéronefs~30 Rafale + E-2D + dronesÉquipage~2 000 marinsVitesse27 nœuds (~50 km/h)DéfenseLaser + IADurée de vieJusqu’en 2080
Il sera compatible avec le futur chasseur européen SCAF/NGF (horizon 2040), garantissant sa pertinence opérationnelle sur 50 ans.
Combien ça coûte ?
Le budget officiel est de 10,25 milliards d’euros. Le projet de loi de finances 2026 chiffre l’enveloppe à 12,2 milliards hors infrastructures et aéronefs. En incluant la maintenance sur 40 ans, le coût global est estimé à environ 15 milliards d’euros.
Macron a souligné : « 90 % de cette somme reviendra directement à des entreprises nationales. » Le programme mobilisera 14 000 emplois au pic de construction, dans environ 800 entreprises sous-traitantes (PME/ETI), principalement en Pays de la Loire, Bretagne et PACA.
Calendrier : de la première tôle à la mise en service
- 2026 : baptême à Indret, début des études détaillées. Fabrication des composants K22 à Cherbourg (débutée septembre 2025)
- 2031 : découpe de la première tôle à Saint-Nazaire (Chantiers de l’Atlantique, bassin C)
- 2031-2035 : construction et assemblage
- 2035-2036 : essais en mer
- 2038 : admission au service actif, remplacement du Charles de Gaulle
Trois sites principaux : Indret (chaufferies nucléaires), Cherbourg (composants réacteurs) et Saint-Nazaire (assemblage coque).
Comparatif : France Libre vs les porte-avions du monde
Le France Libre sera le deuxième porte-avions à propulsion nucléaire au monde après les américains, et le troisième navire équipé de catapultes EMALS (après l’USS Ford et le Fujian chinois). La France est le seul pays européen à opérer un porte-avions nucléaire avec catapultes.
- USS Gerald Ford (USA)
100 000 t · 337 m · 4 EMALS · ~90 avions · 13,3 Mds $
France Libre (France)80 000 t · 310 m · 3 EMALS · ~40 avions · 10-12 Mds €
Fujian (Chine)80 000 t · 316 m · 3 EMALS · ~50 avions · propulsion classique
HMS Queen Elizabeth (UK)65 000 t · 284 m · pas de catapultes · F-35B
INS Vikrant (Inde)45 000 t · 262 m · pas de catapultes · MiG-29K
Le Fujian chinois a un tonnage comparable mais une propulsion conventionnelle, ce qui limite son endurance et son autonomie. Le France Libre, avec ses réacteurs K22, pourra naviguer sans ravitaillement en combustible pendant toute sa durée de vie.
La question de la souveraineté : les catapultes américaines
Les catapultes EMALS et le système de brins d’arrêt AAG sont fabriqués par l’américain General Atomics. Cette dépendance pose une question de souveraineté. Selon Mer et Marine, un « plan B » est prévu en cas de problème avec les États-Unis.
Le feu vert américain pour la vente des EMALS et AAG a été obtenu. La France est le premier pays allié à accéder à cette technologie.
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Le contexte : une annonce en pleine guerre
Le baptême intervient alors que le Charles de Gaulle est déployé en Méditerranée orientale dans le cadre de la guerre Iran-Israël-USA. La veille, l’armée de l’Air a mené l’opération Poker, simulation de raid nucléaire avec 40 aéronefs dont 8 Rafale simulant le tir du missile ASMPA.
Macron a récemment annoncé une augmentation du nombre de têtes nucléaires et un concept de « dissuasion élargie » associant 8 pays européens. Le France Libre s’inscrit dans cette logique de projection de puissance.
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