Succès électoral, réformes adoptées, ouverture commerciale : le président ultraliberal argentin Javier Milei ouvre dimanche face au Parlement sa seconde moitié de mandat en position de force. Mais les performances économiques restent contrastées, entre maîtrise de l’inflation et souffrance sociale persistante.
Des réformes qui avancent au Parlement
Malgré une année 2025 marquée par les turbulences sur le peso et des soupçons de corruption dans son entourage, Milei a remporté les législatives de mi-mandat en octobre avec 40 % des voix. Il a ainsi renforcé son poids au Parlement, sans toutefois obtenir la majorité absolue.
Il a convoqué le Parlement en session extraordinaire durant l’été pour faire passer un budget et plusieurs réformes. Parmi elles, l’abaissement de la responsabilité pénale de 16 à 14 ans et surtout la flexibilisation d’une législation du travail datant en partie des années 1970.
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Les négociations
Conforté par des accords commerciaux avec l’Union européenne via le Mercosur et les États-Unis, « Milei commence l’année mieux que jamais », estime Pablo Touzon, politologue au cabinet Escenarios.
Une embellie macroéconomique qui ne profite pas à tous
Les succès de Milei et la maîtrise de l’inflation « n’ont pas à ce jour été accompagnés d’un soulagement significatif dans le porte-monnaie des gens », rappelle Pablo Touzon.
« La fin de mois ? C’est la moitié du mois que je n’arrive pas à boucler ! », s’étranglait vendredi dans une manifestation contre la réforme du travail Veronica Arroyo, retraitée de 54 ans.
En deux ans près de 300
En deux ans, près de 300 000 emplois ont été perdus. La reprise en 2025 (+4,4 %, après une récession de -1,8 % en 2024) a été tirée par quelques secteurs comme l’agraire et les mines, tandis que l’industrie et le commerce restaient dans le rouge.
Des fermetures d’usines en cascade
Textile, électroménager, construction : chaque semaine apporte l’annonce de fermetures et de licenciements. Fate, fabricant emblématique de pneumatiques (900 emplois), a été vaincu par l’ouverture aux importations.
« Nous sommes conscients que certains d’entre nous vont rester sur le carreau, mais si c’est le prix à payer pour que nos petits-enfants aient une Argentine normale, je crois que ça en vaut la peine », commentait Mario Grinman, président de la Chambre de commerce et services.
Martin Rappallini président de l’Union industrielle
Martin Rappallini, président de l’Union industrielle (UIA), a toutefois prévenu : « La création d’emplois ne se résout pas uniquement avec une loi. »
Un Milei « hégémonique » face à une opposition en panne
Pablo Touzon qualifie Milei d’« hégémonique » face à une opposition péroniste « sans alternative proposée en deux ans, comme résignée à être meilleur deuxième ». Le quotidien La Nacion observe que « le système politique agit comme si la réélection était assurée en 2027 ».
C’est le « paradoxe Milei » relevé par les sondeurs : une morosité sur l’horizon économique, une majorité de ménages en souffrance, mais une résilience de la « marque Milei », dont le parti est régulièrement pointé à plus de 40 %.











