Zelensky affirme que la Russie n'a pas atteint ses objectifs de guerre
Quatre ans jour pour jour après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, le président Volodymyr Zelensky a déclaré dans une vidéo diffusée mardi que Vladimir Poutine « n'a pas atteint ses objectifs », n'a pas « brisé les Ukrainiens » et n'a pas « gagné cette guerre ». « Nous avons préservé l'Ukraine », a-t-il ajouté.
L'offensive russe massive de février 2022 visait initialement à renverser le gouvernement ukrainien en quelques jours, mais s'est heurtée à la résistance des forces ukrainiennes. Conflit le plus meurtrier en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la guerre a fait des centaines de milliers de morts et de blessés.
Réagissant aux propos de Zelensky, le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov a jugé que « les objectifs n'étaient pas encore atteints, et c'est pourquoi l'opération militaire spéciale se poursuit ». Il a néanmoins affirmé que « beaucoup » des objectifs du Kremlin avaient été remplis, précisant que « le but principal » de Moscou était d'assurer « la sécurité des personnes » vivant dans l'est de l'Ukraine.
L'UE affiche son soutien sur le terrain
La cheffe de la Commission européenne Ursula von der Leyen et le président du Conseil européen António Costa sont arrivés mardi en Ukraine pour manifester le soutien de l'Union européenne, alors que l'invasion russe a poussé de nombreux Européens à se réarmer en vue d'un possible affrontement avec Moscou.

Mme von der Leyen a indiqué sur la plateforme X souhaiter « envoyer un message clair au peuple ukrainien et à l'agresseur : nous ne céderons pas tant que la paix ne sera pas rétablie ». Le président Zelensky a de son côté exhorté l'UE à fixer une « date claire » pour l'adhésion de son pays, faute de quoi Vladimir Poutine « trouvera le moyen de bloquer l'adhésion de l'Ukraine pour des décennies ».
La reconstruction de l'Ukraine après le conflit coûtera quelque 588 milliards de dollars (plus de 500 milliards d'euros) sur la prochaine décennie, selon un rapport commun de Kiev, de la Banque mondiale, de l'UE et de l'ONU paru lundi.
L'armée russe occupe environ 20 % du territoire ukrainien
Sur le plan militaire, la Russie n'était pas parvenue à prendre Kiev au printemps 2022 et avait redirigé ses efforts vers le Donbass, composé des régions de Donetsk et Lougansk, dont le Kremlin revendique l'annexion. L'armée russe, qui occupe environ 20 % du territoire ukrainien, continue une progression lente malgré de lourdes pertes.


Selon l'analyse par l'AFP des données de l'Institut pour l'étude de la guerre (ISW), la Russie s'est emparée de plus de territoires lors de la quatrième année du conflit que lors des 24 mois précédents. Moscou bombarde quotidiennement des zones civiles et des infrastructures, provoquant récemment, en plein milieu d'un hiver glacial, la pire crise énergétique dans le pays depuis 2022.
À Irpin, ville de la banlieue de Kiev au cœur des combats au début de l'invasion, Olena Ponomariova, directrice adjointe d'un jardin d'enfants, a confié à l'AFP : « Seules les horreurs restent dans ma mémoire. » Elle a ajouté : « Tout a changé, tous les Ukrainiens ont changé. Ils sont devenus unis et résilients. » Vadym Borodaï, membre du conseil municipal d'Irpin dont le fils est mort au front, a affirmé : « Poutine ne se bat pas pour des territoires. Il se bat pour détruire notre existence en tant qu'État. »
Négociations bloquées, perspectives de paix incertaines
Les négociations en cours, sous médiation américaine, bloquent principalement sur l'exigence de Moscou que les troupes ukrainiennes abandonnent la région de Donetsk, ce que Kiev rejette. Le président français Emmanuel Macron s'est dit « très sceptique » mardi sur la possibilité d'aboutir à une « paix à court terme ».
Vendredi, dans un entretien avec l'AFP, Zelensky avait souligné vouloir d'abord des garanties de sécurité de la part de Washington et un cessez-le-feu avant de « parler de compromis », y compris territorial, avec les Russes. L'Ukraine demande notamment le déploiement de troupes européennes sur son territoire comme garantie de sécurité, ce que Moscou exclut.
Vladimir Poutine a averti à plusieurs reprises qu'il poursuivrait ses objectifs par la force si la voie diplomatique venait à échouer. Lundi, à l'occasion de la journée des « défenseurs de la patrie », il a assuré que les soldats russes protégeaient en Ukraine « les frontières » de la Russie et combattaient pour « l'avenir » de leur pays. La situation reste bloquée, entre les positions européennes et les exigences de Moscou.











