La Commission européenne a demandé vendredi à TikTok de modifier son interface « addictive », accusée d'enfreindre la législation européenne sur le numérique, sous peine de s'exposer à de lourdes amendes. Le réseau social, connu pour ses vidéos ultra-courtes très plébiscitées par les jeunes, a immédiatement contesté l'image « complètement fausse » donnée par Bruxelles de sa plateforme.
Trois fonctionnalités dans le viseur
Après deux ans d'enquête, la Commission pointe dans ses conclusions préliminaires des « fonctionnalités addictives » qui « pourraient nuire au bien-être physique et mental » des utilisateurs, notamment des mineurs, incités à faire défiler les contenus et à consulter leurs téléphones de façon « compulsive », y compris la nuit.
Trois fonctionnalités sont particulièrement ciblées : le « scrolling », soit le défilement ininterrompu de contenus ; le lancement automatique de vidéos ; et l'envoi répété de notifications push.
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Une amende pouvant atteindre 6 % du chiffre d'affaires
« Il faut que TikTok agisse et change son interface en Europe afin de protéger nos mineurs », a exhorté la commissaire européenne chargée du numérique, Henna Virkkunen. Sans changement, la plateforme pourrait s'exposer à une amende pouvant peser jusqu'à 6 % de son chiffre d'affaires mondial annuel.
Selon un responsable européen, TikTok mentionne bien le potentiel addictif de son application et « évalue ces risques », mais cela reste insuffisant au regard des lois européennes sur le numérique.
TikTok conteste vigoureusement
Le réseau social a promis de contester les conclusions de Bruxelles « avec tous les moyens » à sa disposition. Cette réaction tranche avec l'attitude « très coopérative » observée jusqu'ici par l'UE dans le cadre de ses enquêtes.
Les règles européennes sur le numérique sont régulièrement critiquées par l'administration Trump et les patrons des réseaux sociaux, Elon Musk en tête.
Le débat sur l'interdiction aux mineurs
Bruxelles reproche notamment à TikTok de ne pas tenir compte « d'indicateurs importants sur l'utilisation compulsive de l'application », comme le temps passé sur la plateforme par les enfants pendant la nuit. Les fonctionnalités pour limiter le temps d'écran sont jugées trop « faciles à ignorer » et le contrôle parental nécessite trop d'étapes.
Plusieurs capitales européennes s'interrogent sur la possibilité d'interdire les réseaux sociaux pour les enfants ou jeunes adolescents. L'Espagne et la France examinent des propositions en ce sens.
Henna Virkkunen a estimé que les
Henna Virkkunen a estimé que les réseaux sociaux « devraient être conçus de manière à être si sûrs qu'il ne devrait pas être nécessaire d'imposer des restrictions d'âge aussi strictes ».
Une autre enquête en parallèle
TikTok est par ailleurs visé par une autre enquête de l'UE concernant des accusations d'ingérence étrangère lors des élections présidentielles roumaines. Cette procédure est toujours en cours.
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