La nuit du 6 au 7 mars a été l’une des plus meurtrières de ces derniers mois en Ukraine. Au moins douze personnes ont été tuées dans des bombardements russes massifs qui ont visé l’ensemble du territoire, de Kharkiv au nord-est jusqu’à Zaporijjia au sud.
Un immeuble soviétique rayé de la carte à Kharkiv
Le bilan le plus lourd a été enregistré à Kharkiv, deuxième ville d’Ukraine, où un missile balistique a soufflé un immeuble résidentiel de cinq étages datant de l’époque soviétique. Au moins dix personnes y ont péri, selon le maire Igor Terekhov, dont une enseignante de primaire et son jeune fils, ainsi qu’une femme et son adolescent.
Les journalistes de l’AFP présents sur place ont vu les secouristes fouiller méthodiquement les décombres à la recherche de survivants. Deux garçons de 6 et 11 ans ainsi qu’une jeune fille de 17 ans figurent parmi les blessés.
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Des bombardements sur tout le territoire
Les frappes ne se sont pas limitées à Kharkiv. Dans la région de Dnipropetrovsk, visée à une vingtaine de reprises par des drones, de l’artillerie et des roquettes, un mort et une blessée ont été recensés. À Chuguiv, près de Kharkiv, une attaque de drones a frappé une maison du centre-ville, blessant deux personnes.
Dans la région de Soumy, au nord, un homme de 24 ans a été tué par une frappe de drone sur sa voiture. « Les Russes visent délibérément les transports civils », a accusé le chef de l’administration militaire régionale, Oleg Grygorov. Trois autres personnes ont été blessées dans la capitale Kiev, et un bébé a été blessé dans la région de Zaporijjia.

480 drones et 29 missiles en une nuit
Le président Volodymyr Zelensky a détaillé l’ampleur de l’attaque sur les réseaux sociaux : la Russie a tiré 29 missiles, « presque tous balistiques », et 480 drones sur une dizaine de régions. L’immeuble de Kharkiv a été touché par un missile balistique, un type d’arme contre lequel les systèmes de défense antiaérienne sont les moins efficaces.
Moscou a de son côté affirmé avoir visé des « cibles militaires » et intercepté 124 drones ukrainiens pendant la nuit.

La guerre au Moyen-Orient complique l’approvisionnement
Zelensky s’est inquiété de l’impact de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée une semaine plus tôt par les frappes israélo-américaines contre l’Iran, sur les livraisons de munitions pour les systèmes de défense antiaérienne fournis par les alliés occidentaux.
Kiev envisage d’envoyer « prochainement » des militaires au Moyen-Orient pour aider les États-Unis à contrer les drones iraniens, espérant en échange obtenir des missiles pour ses systèmes Patriot. Parallèlement, la guerre a fait dérailler les projets d’un nouveau cycle de négociations trilatérales Ukraine-Russie-États-Unis. Aucune nouvelle date n’a été fixée, Zelensky évoquant la Suisse et la Turquie comme alternatives. Moscou et Kiev ont toutefois échangé 500 prisonniers de guerre chacun jeudi et vendredi, dans le cadre d’un accord conclu à Genève fin février.














