Les pourparlers mardi à Genève entre Ukrainiens et Russes sous médiation américaine ont été « très tendus » mais se poursuivront mercredi, a déclaré une source proche de la délégation russe. « Les échanges ont duré six heures. Il a été convenu de les reprendre demain », a expliqué la source sous couvert d'anonymat.
Des frappes massives avant les négociations
Quelques heures avant le début des entretiens, la Russie a massivement bombardé l'Ukraine, tirant 396 drones et 29 missiles au cours de la nuit, dont respectivement 367 et 25 ont été interceptés, selon l'armée de l'air ukrainienne.
« Il s'agissait d'une frappe combinée, délibérément calculée pour causer autant de dégâts que possible à notre secteur énergétique », a dénoncé le président Volodymyr Zelensky, évoquant le « mépris de la Russie pour les efforts de paix ». Douze régions ont été visées, laissant des dizaines de milliers de personnes sans eau ni chauffage à Odessa. Un drone russe a par ailleurs provoqué la mort de trois employés d'une centrale électrique à Sloviansk.
Le Donbass, principal point de blocage
Les parties travaillent sur la base du plan américain, qui prévoit des concessions territoriales de l'Ukraine en échange de garanties de sécurité occidentales. Mais les négociations bloquent sur le sort du Donbass : Moscou réclame le retrait des forces ukrainiennes de la région de Donetsk, ce que Kiev refuse.
« Les questions restant à régler sont vastes et personne ne se risquera à prédire l'issue des discussions », avait prévenu le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov. Samedi, en marge de la Conférence sur la sécurité de Munich, Zelensky a de nouveau exclu de céder des territoires à la Russie, qui occupe mi-février 19,5 % du territoire ukrainien.
Pressions américaines et présence européenne
Donald Trump fait pression pour un dénouement diplomatique. « L'Ukraine ferait mieux de venir à la table des discussions, et rapidement », a-t-il répété lundi soir, assurant que la Russie voulait « conclure un accord ». Zelensky a reproché aux Américains de « revenir trop souvent sur la question des concessions ».

Des conseillers de France, d'Allemagne, du Royaume-Uni et d'Italie étaient présents à Genève en marge des négociations trilatérales. Les discussions font suite à deux sessions de pourparlers à Abou Dhabi, qui n'avaient pas débouché sur de grands progrès.











