Une épidémie de méningite B frappe Canterbury (Royaume-Uni) depuis le 13 mars 2026. Quinze cas ont été identifiés, deux personnes sont décédées, et un cas a été signalé en France. Le ministre britannique de la Santé Wes Streeting qualifie la situation de « sans précédent ».
Deux morts, treize hospitalisés
La première victime est Juliette, une lycéenne de 18 ans scolarisée à la Queen Elizabeth’s Grammar School de Faversham, décédée le samedi 15 mars. La directrice Amelia McIlroy l’a décrite comme « incroyablement gentille, prévenante et intelligente ». La seconde victime est un étudiant de 21 ans de l’University of Kent, dont l’identité n’a pas été rendue publique.
Au total, 15 cas ont été notifiés à l’UKHSA (agence sanitaire britannique), dont 4 confirmés comme méningocoque de groupe B (MenB). Treize personnes sont hospitalisées, dont onze dans un état grave. Les malades ont entre 18 et 29 ans.
Une boîte de nuit au cœur de l’épidémie
La source de propagation identifiée est le Club Chemistry, une boîte de nuit de Canterbury très fréquentée par les étudiants. Plus de 2 000 personnes ont fréquenté l’établissement les nuits du 5, 6 et 7 mars. Les premiers symptômes sont apparus à partir du 10 mars. Le club est fermé jusqu’à nouvel ordre.
Un membre du personnel du club a été confirmé positif à la méningite. L’hypothèse d’une transmission par partage de vapoteuses (vapes) est étudiée : une mère affirme que sa fille de 22 ans a été infectée après avoir partagé une vape au club. Les autorités sanitaires confirment que ce mode de transmission est plausible pour le méningocoque.
Un cas en France : alerte transmise
Un cas a été signalé en France le 14 mars, chez une personne ayant fréquenté l’University of Kent. Les autorités sanitaires françaises ont transmis l’alerte à l’UKHSA. Aucune précision n’a été communiquée sur la ville, l’âge ou l’état d’hospitalisation de cette personne.
Ce cas illustre le risque de propagation internationale. La dispersion des étudiants pour la Fête des mères (15 mars) — avant l’alerte publique du dimanche soir — a potentiellement amplifié la contagion. Un cas suspect a également été signalé à Londres.
Vaccination et mesures sanitaires au Royaume-Uni
Quatre centres de distribution d’antibiotiques ont été ouverts à Canterbury et dans le Kent. Plus de 700 doses ont déjà été administrées, avec 11 000 doses disponibles. Un programme ciblé de vaccination MenB vise les 5 000 étudiants résidant en cité universitaire sur le campus de Canterbury.
L’University of Kent a annulé tous les examens en présentiel pour la semaine. Deux écoles de l’île de Sheppey ont été fermées. L’UKHSA est critiquée par des étudiants pour un délai de deux jours entre les premiers cas (vendredi 13 mars) et l’alerte publique (dimanche 15 mars, 18h), qualifié d’« impardonnable ».
Symptômes et vaccination : ce qu’il faut savoir en France
Les signes d’alerte de la méningite : fièvre élevée, maux de tête sévères, raideur de la nuque, vomissements, sensibilité à la lumière, et surtout une éruption cutanée qui ne disparaît pas à la pression (test du verre). Les premiers symptômes peuvent être confondus avec une grippe ou une gueule de bois — un piège dans un contexte de sortie nocturne.
En France, la vaccination MenB est obligatoire pour les nourrissons depuis le 1er janvier 2025 (vaccin Bexsero, 3 doses). Pour les 15-24 ans, elle est recommandée et remboursée à 65 % depuis avril 2025. La couverture vaccinale atteint 81,9 % chez les nourrissons, mais les adolescents et jeunes adultes actuels ne sont pas vaccinés.
La France a enregistré 615 cas d’infections invasives à méningocoque en 2024, le chiffre le plus élevé depuis 2010, avec 50 décès entre juillet 2024 et janvier 2025. Début 2025, la tendance s’accélère : 95 cas en janvier, 89 en février.
Le NHS britannique rappelle : « Appelez les urgences immédiatement si vous pensez qu’une personne pourrait avoir une méningite. Faites confiance à votre instinct et n’attendez pas que tous les symptômes apparaissent. »










