Mark Zuckerberg a publiquement regretté le temps mis par Instagram pour limiter la présence des utilisateurs de moins de 13 ans, lors de son audition devant un jury à Los Angeles. Pendant six heures, le PDG de Meta a défendu son entreprise, parfois avec ardeur, parfois agacé, dans ce premier témoignage sous serment devant un jury populaire.
4 millions d'enfants sur Instagram en 2015
Meta et Google sont accusés par des milliers de familles américaines d'avoir sciemment conçu leurs plateformes respectives, Instagram et YouTube, pour les rendre addictives dès l'enfance. L'avocat de la plaignante a produit un document interne datant de 2018 évaluant à 4 millions le nombre de comptes Instagram appartenant à des enfants de moins de 13 ans.
Instagram estimait à l'époque que 30 % des 10-12 ans étaient sur le réseau aux États-Unis. La plateforme n'a demandé leur date de naissance aux nouveaux utilisateurs qu'en 2019, avant d'étendre cette obligation en 2021. « Nous avons ajouté de nouveaux outils au fil des années, mais je me dis que nous aurions pu en arriver là plus tôt », a reconnu Zuckerberg.
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L'objectif secret d'augmenter le temps d'écran
L'avocat de la plaignante est revenu sur un fait marquant : en décembre 2015, Mark Zuckerberg avait fixé lui-même l'objectif d'augmenter de 12 % sur trois ans le temps moyen passé sur Instagram. « Nous avions ces objectifs, mais au bout d'un moment, j'ai décidé qu'il ne fallait plus que nos équipes aient des objectifs de temps passé », a-t-il reconnu.
Face à un document interne de 2022 fixant encore des « jalons » (40 minutes par jour en 2023, 46 minutes en 2026), le patron a contesté qu'il s'agisse d'objectifs, les présentant comme des indicateurs de satisfaction. « Si vous créez quelque chose qui n'est pas bon pour les gens, ils vont peut-être y passer plus de temps à court terme, mais ils n'en seront pas contents », a-t-il plaidé.
Un procès test pour des milliers de plaintes
Douze jurés d'une cour civile doivent déterminer d'ici fin mars si YouTube et Instagram sont en partie responsables des problèmes de santé mentale de Kaley G.M., une Californienne de 20 ans qui s'était inscrite sur Instagram en 2015, à 9 ans seulement, en cachette de ses parents.
Ce premier dossier et deux autres similaires ont été choisis pour tester les voies de résolution des milliers de plaintes accusant les réseaux sociaux d'être responsables d'une épidémie de dépression, anxiété, anorexie et de suicides chez les jeunes.










