Depuis fin 2025, les médias relaient la promesse de radars « intelligents » capables de détecter le téléphone au volant, l'absence de ceinture de sécurité et le non-respect des distances de sécurité. Mais en mars 2026, la réalité est plus nuancée que les titres alarmistes. Voici l'état des lieux factuel.
Ce que les radars IA peuvent techniquement détecter
Les radars de nouvelle génération utilisent des caméras haute définition couplées à des algorithmes d'intelligence artificielle pour analyser en continu le comportement des conducteurs. La technologie est capable de repérer automatiquement trois infractions qui échappaient jusqu'ici aux radars classiques.
Le téléphone au volant : les caméras identifient la posture du conducteur et la présence d'un objet porté à l'oreille ou tenu en main. L'absence de ceinture de sécurité : l'algorithme analyse l'image du conducteur et des passagers pour détecter si la ceinture est portée. Le non-respect des distances de sécurité : le système calcule l'intervalle entre deux véhicules en mouvement.
Ces dispositifs s'ajoutent aux fonctions existantes : détection de vitesse, franchissement de feu rouge et contrôle de voies réservées. Un seul radar peut ainsi verbaliser plusieurs infractions simultanément.
Ce qui est vraiment en place en mars 2026
C'est là que le discours médiatique diverge de la réalité. En mars 2026 :
- La technologie est prête : les tests sont concluants et les radars multifonctions existent
- Aucun arrêté d'homologation n'a été publié pour autoriser la verbalisation sur les trois nouvelles infractions
- Aucun PV n'est émis à ce jour pour téléphone, ceinture ou distances via les radars IA
- Aucun calendrier officiel n'a été communiqué par la Sécurité routière pour le déploiement opérationnel
Le dispositif reste donc en phase d'essais. Les radars captent des images, mais elles ne génèrent pas de contraventions. La raison : le cadre juridique nécessite un arrêté ministériel d'homologation pour chaque type de radar et chaque infraction détectée.
Les sanctions prévues quand le système sera actif
Lorsque les arrêtés seront publiés, chaque infraction détectée par les radars IA entraînera :
- Téléphone au volant : amende forfaitaire de 135 euros et retrait de 3 points
- Absence de ceinture : amende forfaitaire de 135 euros et retrait de 3 points
- Non-respect des distances : amende forfaitaire de 135 euros et retrait de 3 points
Les conducteurs recevront un avis de contravention par courrier, comme pour les excès de vitesse. La contestation restera possible via le site de l'Agence nationale de traitement automatisé des infractions (ANTAI).
Combien de radars IA seront déployés ?
Le budget 2026 prévoit 46 millions d'euros pour moderniser le parc de radars et augmenter le nombre de dispositifs intelligents. La France comptait environ 4 700 radars fixes et mobiles fin 2025. Le nombre exact de radars IA n'a pas été communiqué.
Le déploiement devrait être progressif, selon la Sécurité routière, afin de « tester, ajuster et sécuriser leur fonctionnement ». Les premiers emplacements privilégiés seraient les autoroutes et les axes à fort trafic en zone urbaine.
Ce qu'il faut retenir : vrai ou faux ?
- « Les radars IA verbalisent déjà le téléphone » → FAUX en mars 2026. Pas d'arrêté d'homologation, pas de PV
- « La technologie existe et fonctionne » → VRAI. Les tests sont concluants
- « Les radars peuvent détecter plusieurs infractions en même temps » → VRAI. C'est le principe des radars multifonctions
- « 46 millions d'euros sont prévus » → VRAI. Inscrit au budget 2026
- « Le déploiement est imminent » → NON CONFIRMÉ. Aucun calendrier officiel
Les automobilistes ne risquent donc pas, à ce stade, de recevoir un PV pour téléphone ou ceinture via un radar automatique. En revanche, ces infractions restent verbalisables par les forces de l'ordre lors de contrôles routiers classiques.
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