Les prix à la pompe vont-ils baisser ? La promesse faite par plusieurs distributeurs d'alléger la facture de carburant des Français se heurte jeudi à la réalité des marchés. Le baril de Brent a bondi de près de 6 % à 99,21 dollars vers 17 h 00 GMT, toujours affecté par la fermeture du détroit d'Ormuz dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.
Une réunion à Bercy sans mesure contraignante
La réunion entre le gouvernement et les distributeurs de carburant, tenue jeudi à Bercy, n'a débouché sur « aucune décision » concernant un éventuel encadrement des prix, a déclaré Francis Pousse, président du syndicat Mobilians, qui représente 5 800 stations-service traditionnelles.
L'entourage du Premier ministre Sébastien Lecornu avait évoqué mercredi la possibilité de « plafonner les marges » ou de « lisser les hausses et les baisses ». Le ministère de l'Économie a indiqué que certains distributeurs avaient partagé des « engagements visant à répercuter au plus tôt la baisse des cours du baril ».
TotalEnergies maintient son plafonnement du prix de l'essence à 1,99 euro le litre dans ses stations-service, tout en relevant celui du gazole à 2,09 euros. D'autres distributeurs ont annoncé des « baisses significatives allant de 10 à 30 centimes par litre », selon Bercy.
Des promesses sous réserve des marchés
Ces engagements restent conditionnés aux fluctuations des cours. Le PDG de Coopérative U, Dominique Schelcher, s'est dit « tributaire » des variations des produits raffinés, assurant que la « marge de distribution n'a jamais été aussi faible que dans la période ». Michel-Édouard Leclerc avait anticipé « à peu près 30 centimes de baisse par litre » d'ici à vendredi.

« Je ne connais pas la recette magique de Michel-Édouard Leclerc pour faire 30 centimes [...] Nous, on est soumis à l'économie de marché », a répondu Francis Pousse, préoccupé par la survie des stations rurales. Frédéric Plan, de la Fédération Française des Combustibles (FF3C), a souligné sur TF1 que le lissage des prix « n'est pas facile parce que les marchés réagissent d'un jour à l'autre ».
Le déblocage de stocks sans effet sur les cours
La remontée du Brent intervient malgré l'annonce par l'Agence internationale de l'Énergie (AIE) d'un déblocage d'ampleur « historique » de stocks stratégiques de pétrole. Marine Le Pen a demandé au gouvernement de « contrôler temporairement les marges » pour que cette mesure ne profite pas aux « spéculateurs ».
Côté prix à la pompe, le litre de SP95-E10 coûtait jeudi 1,871 euro en moyenne, le SP98 1,964 euro et le gazole 2,032 euros, selon un calcul réalisé par l'AFP à partir des données de 7 524 à 9 535 stations-service. À Pamiers (Ariège), Robert, retraité de 75 ans touchant quelque 1 600 euros par mois, fait le trajet de 90 km jusqu'au Pas de la Case, en Andorre, pour un gazole à 1,43 euro. « Rien que sur un plein de camping-car, je me gagne 55 euros », explique-t-il à l'AFP.










