Les avocats de la défense ont commencé leurs plaidoiries mercredi dans le procès en appel du RN, Marine Le Pen et dix cadres du parti d'extrême droite, au lendemain de réquisitions qui ont réclamé la condamnation de chacun d'entre eux.
La défense conteste l'applicabilité de l'infraction
Me Robert Apéry, avocat de Fernand Le Rachinel, a ouvert le bal des plaidoiries. Concernant son client, il décrit un chef d'entreprise devenu un « paisible octogénaire » ayant des « problèmes de concentration et de mémoire ». Mais l'essentiel de son propos est ailleurs : selon la défense, l'infraction reprochée de détournement de fonds ne peut pas s'appliquer aux eurodéputés telle qu'elle est rédigée dans le code pénal.
L'avocat de Bruno Gollnisch, Me Louis Balling, a pour sa part insisté sur des faits qu'il estime « prescrits ». Ces arguments avaient déjà été soulevés, sans succès, en première instance.
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Un « système » frauduleux décrit par l'accusation
Il est reproché aux prévenus d'avoir participé à un « système » d'embauche d'assistants parlementaires, payés par le Parlement européen, mais dont l'activité n'était au bénéfice que du seul parti. À sa tête, Jean-Marie Le Pen, puis sa fille et successeure Marine Le Pen.
Mardi, les deux avocats généraux ont méticuleusement décrit ce système dans leurs réquisitions, prenant soin de désamorcer par anticipation les arguments de la défense.
Des réquisitions lourdes contre Marine Le Pen
Pour Marine Le Pen, les avocats généraux ont demandé quatre ans d'emprisonnement dont trois avec sursis, 100 000 euros d'amende et, surtout, cinq ans d'inéligibilité. Sans exécution provisoire, un pourvoi en cassation serait suspensif. Mais la Cour de cassation a indiqué qu'elle rendrait sa décision avant la présidentielle de 2027.
Marine Le Pen a exclu de demander aux hauts magistrats de repousser leur décision après l'élection.
Présidentielle 2027 : Le Pen ou Bardella selon le verdict
Marine Le Pen a répété que le nom du champion du RN pour la course à l'Élysée serait connu le jour de la décision de la cour d'appel, attendue au début de l'été. Si elle est condamnée à une inéligibilité inférieure à deux ans, ce sera elle. Dans le cas inverse, Jordan Bardella.
Les avocats de la leader d'extrême droite doivent plaider en dernier, le 11 février.











