Epilogue d'un penible marathon parlementaire, le budget de l'Etat pour 2026 a ete definitivement adopte lundi, au terme de 350 heures de debat. Le rejet des deux dernieres motions de censure deposees contre le gouvernement vaut adoption definitive du texte, que Sebastien Lecornu a fait passer sans vote grace a trois recours au 49.3.
Trois 49.3 et deux motions rejetees
Le Premier ministre a fustige une « grande deconnexion » entre ceux « qui refusent le desordre » et ceux qui veulent « bloquer » et « tout rejeter », ciblant le Rassemblement national et La France insoumise.
La motion deposee par les groupes Insoumis, ecologiste et GDR a recueilli 260 voix, loin des 289 necessaires pour renverser le gouvernement. Celle du RN et de l'UDR n'a obtenu que 135 voix.
À lire aussi
- Municipales 2026 : derniere ligne droite d'une campagne incertaine
- Macron déploie le Charles de Gaulle et des Rafale au Moyen-Orient
Les deputes LFI ont immediatement annonce
Les deputes LFI ont immediatement annonce saisir le Conseil constitutionnel pour contester un budget qu'ils qualifient de « cruel ».
Un compromis negocie avec les socialistes
Le gouvernement a largement negocie avec les socialistes pour obtenir un compromis et eviter qu'ils ne le censurent. Le budget de la Securite sociale avait deja pu etre adopte par un vote en decembre, grace notamment aux bulletins des socialistes, en echange de la suspension de la reforme des retraites.

« Une concession difficile », a souligne la ministre des Comptes publics Amelie de Montchalin, « parce qu'on n'est pas dans le deni demographique ».

La gauche fracturee
Aucun groupe n'a revendique la paternite du budget 2026 lors des derniers debats. Au nom de LFI, Nathalie Oziol a lance une violente charge contre « le social-macronisme ». La cheffe des deputes Mathilde Panot a declare que LFI n'avait « plus d'alliance avec le Parti socialiste ».
Le socialiste Herve Saulignac a au contraire defendu la non-censure comme « la marque de notre capacite a faire un choix exceptionnel dans un moment politique exceptionnel ».
Des priorites pour les mois restants
Lecornu entend se consacrer a des projets « realistes ». Sont attendus une actualisation de la loi de programmation militaire, un projet de loi « d'urgence » agricole, la Programmation pluriannuelle de l'energie, ainsi que des textes sur la police municipale, la Nouvelle-Caledonie et la fin de vie.
Le Premier ministre assure ne pas etre « candidat » a l'Elysee et recommande a ses ministres de se tenir « eloignes » de la presidentielle prevue l'an prochain.
Un gout amer dans la majorite
Du cote de la coalition presidentielle, les choix budgetaires laissent un gout amer. Plusieurs soutiens craignent que la promesse d'un deficit a 5 % du PIB ne puisse pas etre tenue. Laurent Marcangeli, depute Horizons, a deplore « plus de compromissions que de compromis », tout en estimant que les quinze mois restants avant la presidentielle « ne produiront pas grand-chose ».











