Coup de tonnerre dans l'univers cyber : la justice française a diligenté mardi une perquisition dans les locaux de X et convoqué son propriétaire Elon Musk le 20 avril, dans le cadre d'une enquête sur les dérives présumées du réseau social.
Convocations et perquisition
Linda Yaccarino, ancienne directrice générale de X, est également convoquée à cette date. Ils sont visés « en leur qualité de gérant de fait et de droit de la plateforme X au moment des faits », a expliqué la procureure de Paris Laure Beccuau.
Les investigations, dirigées par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet, sont menées avec l'unité nationale cyber de la gendarmerie et l'agence européenne de police Europol. Le parquet de Paris a indiqué travailler en collaboration avec « plusieurs pays ».
À lire aussi
- Un homme de 79 ans ecroue pour viols sur 89 mineurs et deux meurtres
- Mort de Nahel : le policier jugé pour violences, pas pour meurtre
Des enquêtes multiples contre le réseau social
En France, la plateforme est visée par une enquête préliminaire, partie de signalements début 2025 dénonçant un biais dans ses algorithmes. L'enquête a ensuite été élargie après des alertes sur le fonctionnement de Grok, l'intelligence artificielle de X, ayant conduit à la diffusion de contenus négationnistes et de deepfakes à caractère sexuel.
Les investigations portent notamment sur des soupçons de complicité de « détention d'images à caractère pédopornographique » ou de « contestation de crime contre l'humanité (négationnisme) ».
X dénonce des « motivations politiques »
Dans un post, X a dénoncé un « acte judiciaire abusif » reposant « sur des motivations politiques », affirmant qu'il ne se laisserait « pas intimider ». Selon le réseau social, « le parquet de Paris tente manifestement d'exercer une pression sur la direction générale de X aux Etats-Unis en visant notre entité française ».
La procureure a souligné que la conduite de cette enquête s'inscrit « à ce stade dans une démarche constructive », visant « la conformité de la plateforme X aux lois françaises ».
L'affaire Grok et le négationnisme
X est également dans le collimateur de la justice française à cause de Grok, qui a nié fin 2025, dans un post vu près d'un million de fois en France, la finalité criminelle des chambres à gaz. La Ligue des droits de l'Homme, qui avait porté plainte, s'est félicitée de l'« avancée judiciaire ».
Le régulateur britannique de la protection des données (ICO) a de son côté annoncé mardi l'ouverture d'une enquête contre X et xAI au sujet des images à caractère sexuel générées par Grok.
La France, fer de lance de la régulation des plateformes
Outre X, la justice française vise aussi le fondateur de Telegram Pavel Durov, soupçonné de ne pas agir contre l'échange de contenus criminels, ainsi que des géants asiatiques comme Shein et AliExpress. Pavel Durov a commenté : « La France est le seul pays au monde à poursuivre pénalement tous les réseaux sociaux qui offrent aux gens un certain degré de liberté. »











