Un an après sa victoire électorale, le chancelier Friedrich Merz a été réélu vendredi à la tête du parti chrétien-démocrate CDU devant un millier de délégués réunis à Stuttgart. Malgré un score de 91,2 %, en retrait par rapport aux 95 % de 2022, le dirigeant fait face à une popularité en berne et à la pression croissante de l'extrême droite.
Un bilan contesté après un an de chancellerie
Victorieux des législatives de février 2025 et aux commandes de l'Allemagne depuis mai, Friedrich Merz a connu un début d'exercice difficile. Les conflits au sein de sa coalition avec les sociaux-démocrates ralentissent la prise de décision, et les réformes promises pour relancer l'économie tardent à se concrétiser.
« Beaucoup d'Allemands espéraient des changements bien plus rapides », observe Marc Debus, chercheur en sciences politiques à l'université de Mannheim. Le patronat s'impatiente : le président de la fédération BDA, Rainer Dulger, a exhorté le chancelier à présenter « un programme de réformes digne de ce nom », réclamant des baisses d'impôts et une réduction de la bureaucratie.
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Une économie allemande en difficulté
Le temps presse, avec des prévisions de croissance de tout juste 1 % pour 2026, après une quasi-stagnation (0,2 %) en 2025 et deux années précédentes de récession. L'économie reste minée par les droits de douane américains, le prix de l'énergie et un retard technologique croissant sur les États-Unis et la Chine.
Friedrich Merz a repoussé ces critiques : « Peut-être n'avons-nous pas fait comprendre assez rapidement après le changement de gouvernement que nous ne pouvions pas réaliser cet énorme effort de réformes du jour au lendemain. »
Merkel et Merz réunis pour la première fois
Le congrès a marqué une rare apparition commune avec l'ex-chancelière Angela Merkel, sa rivale historique qui l'avait tenu à l'écart de la politique nationale pendant près de quinze ans. Le chancelier lui reproche l'accueil de plus d'un million de migrants il y a dix ans.
Dans son discours, M. Merz a consacré l'essentiel de ses propos à la politique étrangère, réaffirmant son soutien à l'Ukraine et à Israël et appelant l'Europe à « parler le langage du pouvoir ». Mais seuls 22 % des Allemands estiment qu'il fait un meilleur travail que son prédécesseur Olaf Scholz, selon un sondage de Bild.











