Un premier train de passagers, avec cinq wagons de voyageurs, a quitté dans la matinée de jeudi la ville frontalière chinoise de Dandong pour arriver vers 17 h 00 heure locale (09 h 00 GMT) dans une gare du centre de Pyongyang, selon l'agence de presse officielle Chine nouvelle. Cette liaison ferroviaire entre la Chine et la Corée du Nord était interrompue depuis 2020.
Deux trains le même jour, enthousiasme à la gare de Pékin
Peu avant l'arrivée à Pyongyang, des reporters de l'agence sud-coréenne Yonhap avaient observé un train traverser le pont de l'Amitié sino-coréenne au-dessus du fleuve Yalu. Un second train, au départ de Pékin, est parti en fin d'après-midi avec certains wagons réservés aux passagers se rendant en Corée du Nord, ont constaté des journalistes de l'AFP.
À la gare de Pékin, plusieurs personnes se sont rassemblées autour du panneau des départs pour photographier l'affichage « Pékin-Pyongyang ». Un jeune homme, passionné de chemins de fer, filmait l'écran des départs. « C'est super cette réouverture de ligne car il y a très peu de liaisons ferroviaires internationales en Chine », a-t-il confié, précisant qu'il descendrait à la première station, Tianjin.
Ouverts aux visas, fermés aux touristes
Les trains sont accessibles aux titulaires d'un visa, mais pas aux simples touristes, selon plusieurs agences de voyage contactées par l'AFP. Les Chinois travaillant ou étudiant en Corée du Nord, ainsi que les Nord-Coréens se rendant en Chine pour travailler, étudier ou rendre visite à leur famille, sont habilités à les emprunter.

Les liaisons internationales entre Pékin et Pyongyang circuleront les lundis, mercredis, jeudis et samedis. Entre Dandong et Pyongyang, elles seront quotidiennes, selon la Société des chemins de fer chinois. Les formalités d'entrée et de sortie s'effectueront aux gares de Dandong (Chine) et de Sinuiju (Corée du Nord).
Un signe de normalisation des relations bilatérales
« Cela montre une normalisation des relations » bilatérales, estime Chong Ja Ian, enseignant en sciences politiques à l'Université nationale de Singapour. « Une grande partie des restrictions semblaient liées aux réticences de Pyongyang à l'idée d'échanges plus poussés, et ces réticences se sont atténuées », souligne-t-il auprès de l'AFP.


La Corée du Nord, très isolée diplomatiquement, était ouverte aux visiteurs avant la pandémie. Seuls des touristes russes peuvent s'y rendre depuis février 2024, Pyongyang étant un allié militaire de Moscou. « Les liaisons de transport reviennent progressivement à la normale, ce qui rendra plus aisé l'accueil des visiteurs lorsque le pays se rouvrira au tourisme international », déclare Rowan Beard, cofondateur de l'agence Young Pioneer Tours.










