Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a été tué le 17 mars 2026 dans une frappe israélienne ciblée. L'annonce de sa mort intervient au 18e jour de la guerre entre Israël et l'Iran, dans un contexte de décapitation systématique de l'appareil sécuritaire de Téhéran.
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Qui était Ali Larijani et pourquoi cette élimination est-elle stratégique ?
Ali Larijani, 69 ans, occupait le poste de secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale, l'organe qui coordonne la politique de défense, le renseignement et la diplomatie sécuritaire de la République islamique. À ce titre, il supervisait les interactions entre les Gardiens de la Révolution (CGRI), l'armée régulière et le ministère des Affaires étrangères.
Ancien président du Parlement iranien (2008-2020) et ancien négociateur en chef sur le dossier nucléaire, Larijani faisait partie du cercle restreint du pouvoir à Téhéran depuis plus de deux décennies. Il avait été candidat à l'élection présidentielle en 2024, incarnant une ligne dite « pragmatique » au sein du régime.
Son élimination prive l'Iran d'un rouage central dans la chaîne de commandement, à un moment où le régime tente de maintenir une cohérence stratégique face aux frappes israéliennes.
Un régime décapité en 18 jours de guerre
La mort de Larijani s'inscrit dans une série d'éliminations ciblées qui fragilisent l'appareil d'État iranien. Le 28 février 2026, le Guide suprême Ali Khamenei a été tué dans une frappe. L'Assemblée des experts a élu son fils, Mojtaba Khamenei, comme successeur le 9 mars, mais ce dernier n'est pas apparu en public depuis. Selon plusieurs sources, il aurait été blessé dans une frappe ultérieure.
Israël a revendiqué plus de 7 600 frappes sur le territoire iranien depuis le début du conflit. La stratégie israélienne vise explicitement la chaîne de commandement : responsables militaires, cadres du CGRI et figures politiques du régime sont ciblés de manière méthodique.
La disparition de Larijani pose la question de la capacité de Téhéran à prendre des décisions coordonnées. Le Conseil suprême de sécurité nationale est l'instance où se décident les ripostes militaires, les négociations et les ordres donnés aux milices alliées au Liban, en Irak et au Yémen.
Quelles conséquences pour la suite du conflit ?
La perte successive du Guide suprême, la blessure de son successeur et la mort du secrétaire du Conseil de sécurité nationale créent un vide au sommet de l'État iranien. Les Gardiens de la Révolution, qui disposent de leur propre chaîne de commandement, pourraient être amenés à agir de manière plus autonome.
Sur le plan diplomatique, Larijani était considéré comme un interlocuteur potentiel pour d'éventuelles négociations. Son élimination réduit le nombre de figures iraniennes susceptibles de dialoguer avec les puissances occidentales ou régionales. La Chine, qui a tenté une médiation dans le conflit pakistano-afghan, n'a pas réussi à obtenir de cessez-le-feu entre Israël et l'Iran.
Le bilan régional du conflit dépasse 2 300 morts. En Iran, 1 444 civils ont été tués et 3,2 millions de personnes déplacées selon les derniers bilans disponibles.
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