Au lendemain de la frappe aérienne qui a détruit un centre de traitement des addictions à Kaboul, le Pakistan rejette toute responsabilité dans le bombardement de l'établissement. Islamabad affirme n'avoir visé que « des cibles militaires et des infrastructures terroristes ». L'Afghanistan dénonce au contraire une attaque délibérée sur un site médical ayant causé 408 morts.
Islamabad assume les frappes mais nie avoir visé l'hôpital
Le ministère pakistanais de la Défense a reconnu mardi avoir conduit des opérations aériennes sur le territoire afghan dans la nuit du 16 au 17 mars 2026. Selon Islamabad, les frappes ciblaient « exclusivement des positions militaires et des infrastructures liées au terrorisme », en référence au TTP (Tehrik-e-Taliban Pakistan).
Le Pakistan accuse le régime taliban afghan d'héberger et de protéger les combattants du TTP sur son sol. Kaboul dément catégoriquement et qualifie les frappes de « violation flagrante des conventions de Genève et du droit international ».
Le ministère afghan de l'Intérieur maintient que la frappe a directement touché un centre de traitement des addictions qui accueillait entre 2 000 et 3 000 patients. Le bilan officiel s'élève à 408 morts et 265 blessés.
Condamnations internationales en chaîne
L'Inde a réagi en dénonçant une « attaque barbare » sur la plateforme X. New Delhi, qui entretient des relations tendues avec Islamabad, a demandé une enquête indépendante sur les circonstances du bombardement.
Le rapporteur spécial de l'ONU pour l'Afghanistan, Richard Bennett, a appelé à « protéger les civils et les sites comme les hôpitaux ». L'organisation a réitéré son appel à la désescalade entre les deux pays.
La Chine, qui avait envoyé un émissaire entre le 7 et le 14 mars pour tenter une médiation, a appelé les deux parties au calme. Pékin avait échoué à obtenir un cessez-le-feu lors de cette mission diplomatique.
Rashid Khan dénonce des « crimes de guerre »
Rashid Khan, capitaine de l'équipe afghane de cricket et personnalité la plus connue du pays à l'international, a pris la parole pour dénoncer des « crimes de guerre ». Son message, publié sur les réseaux sociaux, a été relayé des millions de fois.
Le joueur, qui évolue habituellement dans des ligues de cricket au Pakistan et en Inde, a appelé la communauté internationale à intervenir pour faire cesser les bombardements sur des sites civils.
Des enterrements collectifs en plein ramadan
Sur le terrain, les autorités afghanes ont demandé aux familles d'accepter des enterrements dans des tombes communes, le nombre de victimes dépassant les capacités des morgues de la capitale. Ces funérailles collectives se déroulent en plein mois de ramadan.
Le conflit ouvert entre le Pakistan et l'Afghanistan dure depuis le 26 février 2026. Selon la mission des Nations unies en Afghanistan (UNAMA), 75 civils afghans avaient déjà été tués entre le 26 février et le 13 mars, avant cette attaque. Plus de 115 000 familles ont été déplacées depuis le début des hostilités.











