Donald Trump fait pression sur ses alliés et sur la Chine pour qu'ils sécurisent le trafic d'hydrocarbures dans le détroit d'Ormuz, verrouillé par l'Iran depuis le début du conflit. Au 17e jour de la guerre qui embrase le Moyen-Orient, Israël continue de bombarder le Liban et Téhéran, tandis que l'aéroport de Dubaï a dû fermer temporairement.
Trump menace l'Otan et conditionne son voyage en Chine
Dans une interview au Financial Times, le président américain a accentué la pression sur les alliés des États-Unis et sur Pékin pour qu'ils envoient des navires de guerre dans le détroit d'Ormuz, par où transite un cinquième du trafic mondial de pétrole et de gaz liquéfié. « Il est tout à fait normal que ceux qui tirent profit de ce détroit contribuent à faire en sorte que rien de fâcheux ne se produise là-bas », a déclaré Donald Trump.
Le président américain a prédit « des conséquences très mauvaises pour l'avenir de l'Otan » si les pays de l'alliance refusent d'obtempérer. Il a également menacé de reporter un voyage en Chine prévu du 31 mars au 2 avril.
Tout en répétant que l'Iran a été « décimé » par plus de deux semaines de frappes américano-israéliennes, il a affirmé avoir des discussions avec Téhéran. « Oui, on est en discussion avec eux. Mais je ne pense pas qu'ils soient tout à fait prêts, même s'ils n'en sont plus très loin », a-t-il déclaré dimanche soir.
Le Japon et l'Australie refusent
Les réponses reçues jusqu'à présent sont peu empressées. Le ministre de la Défense du Japon, Shinjiro Koizumi, a fait savoir lundi que son pays, tenu de renoncer à la guerre par sa Constitution pacifiste de 1947, « n'envisageait pas » un tel déploiement. Toute opération de sécurité maritime serait « extrêmement difficile juridiquement », a estimé la Première ministre Sanae Takaichi.

« Nous n'enverrons pas de navire dans le détroit d'Ormuz », a également affirmé la ministre australienne des Transports, Catherine King. Le ministère des Affaires étrangères iranien a mis en garde les pays qui envisageraient de répondre à l'appel de Washington, les enjoignant de « s'abstenir de toute action pouvant mener à une escalade ».
L'aéroport de Dubaï fermé après une attaque de drone
L'aéroport international de Dubaï, l'un des centres névralgiques du trafic aérien mondial, a temporairement suspendu lundi tous ses vols après l'incendie d'un dépôt de carburant dû à une attaque de drone, selon les autorités de l'émirat. L'Arabie saoudite a dit avoir intercepté lundi 61 drones dans l'est du pays.

L'Iran a également pris pour cible des bases militaires et des intérêts économiques américains chez ses voisins du Golfe. Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a justifié ces attaques par « les nombreuses preuves » qui montrent selon lui que les bases américaines dans le Golfe sont utilisées pour cibler l'Iran.
Israël bombarde Téhéran et le Liban
L'armée israélienne a annoncé à l'aube mener une nouvelle « vague de frappes à grande échelle visant les infrastructures du régime terroriste iranien à Téhéran », ainsi que des bombardements contre la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah.
Abbas Araghchi a dénoncé un « écocide » après le bombardement par Israël de plusieurs dépôts de carburant à Téhéran. « Les habitants risquent de subir des effets néfastes à long terme sur leur santé » et « la contamination des sols et des nappes phréatiques pourrait avoir des répercussions sur plusieurs générations », a-t-il déploré sur X.
Israël a de son côté été brièvement en alerte lundi à l'aube après avoir détecté des missiles lancés depuis l'Iran. Les prix du pétrole montrent des signes de stabilité autour de 100 dollars le baril.











