Au moins 408 personnes ont été tuées et 265 blessées dans une frappe aérienne pakistanaise sur un hôpital pour toxicomanes de Kaboul, lundi soir, selon les autorités afghanes. L’attaque, de loin la plus meurtrière depuis le début du conflit entre les deux voisins, a eu lieu pendant le mois de ramadan.
Les faits : un centre médical bombardé en pleine nuit
Les frappes ont eu lieu vers 21h00 locales (16h30 GMT) lundi. Le Pakistan a affirmé avoir frappé « des cibles militaires et terroristes ». Le ministère afghan de la Santé a dénoncé une attaque « en violation des conventions de Genève et du droit international ».
Le centre de traitement des addictions accueillait entre 2 000 et 3 000 patients, selon des sources médicales. Des journalistes de l’AFP ont constaté au moins 30 cadavres dans la nuit, puis 65 autres corps extraits des décombres mardi matin.
L’ONG italienne Emergency, qui gère un hôpital dans la capitale afghane, a reçu au moins trois corps et traite 27 blessés. Son directeur en Afghanistan, Dejan Panic, a indiqué que le bilan pourrait être très lourd en raison du nombre élevé de patients présents.
Des familles désespérées devant les décombres
Mardi matin, plus d’une centaine de personnes se pressaient devant l’hôpital détruit. « Je suis ici depuis hier soir. Je cherche mon frère mais je ne peux pas le trouver », a confié Habibullah Kabulbai, 55 ans, en pleurant. Son frère Nawroz avait été admis cinq jours plus tôt.

Dans l’un des bâtiments, le toit est effondré. Des restes humains, des chaises et des morceaux de lits médicalisés sont visibles dans les ruines noircies par l’incendie. Les autorités afghanes ont appelé les familles à accepter un enterrement dans un tombeau commun.
Un conflit qui s’intensifie depuis février
L’Afghanistan et le Pakistan sont en conflit ouvert depuis le 26 février, après une escalade de frappes pakistanaises. Islamabad accuse son voisin d’accueillir des combattants du TTP (talibans pakistanais), ce que Kaboul dément.


Selon la mission des Nations unies en Afghanistan (UNAMA), 75 civils afghans ont été tués entre le 26 février et le 13 mars. Plus de 115 000 familles ont été déplacées. Le Programme alimentaire mondial a averti qu’une « instabilité persistante pousserait des millions de personnes à souffrir encore plus de la faim ».
Réactions internationales et médiation chinoise
L’Inde a dénoncé « une attaque barbare » sur la plateforme X. La Chine a appelé les deux pays à la retenue, après l’échec d’une médiation menée par un émissaire chinois entre le 7 et le 14 mars.


« Les efforts diplomatiques des mois derniers ont échoué et les pays du Golfe sont maintenant occupés avec leur propre guerre », a estimé Michael Kugelman, expert du centre de réflexion Atlantic Council. Le rapporteur spécial de l’ONU pour l’Afghanistan, Richard Bennett, a appelé à « protéger les civils et les sites comme les hôpitaux ».











