Donald Trump a signé jeudi 20 février un décret présidentiel instaurant une taxe universelle de 10 % sur l'ensemble des importations aux États-Unis. Cette mesure, qui entre en vigueur le 24 février pour une durée de 150 jours, constitue la réplique du président américain au revers que lui a infligé la Cour Suprême en invalidant sa politique tarifaire.
Un décret en réponse à la Cour Suprême
La plus haute juridiction américaine avait mis à bas la politique de droits de douane de Donald Trump, jugeant que le président avait outrepassé ses pouvoirs en imposant unilatéralement des tarifs élevés sur les importations. En réponse, le locataire de la Maison Blanche a choisi une approche différente : un taux unique de 10 % appliqué à toutes les importations sans exception.
Le décret prévoit une durée initiale de 150 jours, avec la possibilité d'exemptions au cas par cas pour certains produits ou pays. Trump a défendu cette mesure comme « nécessaire pour protéger les travailleurs américains et rétablir l'équilibre commercial ».
Trump s'en prend aux juges
Le président américain n'a pas ménagé la Cour Suprême dans ses déclarations. Il a accusé les juges d'entraver la politique économique de son administration et de « mettre en danger la sécurité nationale ». Cette attaque frontale contre le pouvoir judiciaire s'inscrit dans un conflit institutionnel récurrent entre la Maison Blanche et les tribunaux fédéraux.
La signature du décret a été organisée avec une mise en scène soignée au Bureau ovale, Donald Trump brandissant le document devant les caméras en affirmant que « personne ne dictera sa politique commerciale aux États-Unis ».
Réactions internationales et impact sur les marchés
L'annonce a immédiatement provoqué des turbulences sur les marchés financiers. Les indices boursiers américains ont reculé dans les heures suivant la signature, les investisseurs craignant une escalade de la guerre commerciale mondiale.

L'Union européenne a réagi en déclarant envisager des mesures de représailles commerciales. Bruxelles a qualifié la taxe de « mesure unilatérale contraire aux règles du commerce international » et a annoncé une réunion d'urgence des ministres du Commerce des Vingt-Sept pour coordonner la réponse européenne.
Une guerre commerciale qui s'intensifie
Ce nouveau décret s'inscrit dans le contexte plus large de la guerre commerciale menée par Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche. Après avoir multiplié les droits de douane ciblés — contre la Chine, le Canada, le Mexique et l'Union européenne —, le président américain opte désormais pour une approche universelle.

Les économistes alertent sur les conséquences potentielles d'une telle mesure pour les consommateurs américains, qui verront les prix des produits importés augmenter mécaniquement. Certains secteurs, comme l'automobile et l'électronique, pourraient être particulièrement touchés en raison de leur dépendance aux chaînes d'approvisionnement mondiales.











