Questions fréquentes
Auto-entrepreneur ou SASU : comment choisir entre les deux statuts les plus populaires ?+
Le choix dépend de trois critères principaux : votre chiffre d'affaires prévisionnel, votre besoin de protection sociale et votre stratégie fiscale. L'auto-entrepreneur est imbattable pour démarrer : zéro formalité, charges proportionnelles au CA (12,3 % en vente, 21,2 % en services BIC, 25,6 % en libéral), pas de TVA sous les seuils, et zéro charge si zéro revenu. C'est le statut idéal sous 40 000 à 50 000 euros de CA annuel en services. Au-delà, la SASU devient intéressante grâce à la possibilité de déduire les charges réelles (matériel, déplacements, bureau, sous-traitance) et de se verser des dividendes taxés à la flat tax (30 %) plutôt que des charges sociales (75 %). Mais attention au piège : en SASU, si vous vous versez un salaire, les charges patronales et salariales représentent environ 75 % du net — nettement plus qu'en auto-entrepreneur. La stratégie optimale en SASU consiste à se verser un petit salaire (pour la protection sociale et la retraite) et à compléter avec des dividendes. Autre critère : l'auto-entrepreneur n'a aucun droit au chômage, tandis que le président de SASU non plus (sauf s'il a un contrat de travail distinct). Enfin, la SASU offre la responsabilité limitée aux apports — votre patrimoine personnel est protégé en cas de faillite, ce qui n'est pas le cas en auto-entrepreneur.
À quel moment faut-il quitter le statut d'auto-entrepreneur et basculer en société ?+
Plusieurs signaux indiquent qu'il est temps de basculer. Le premier est le plafond de CA : si vous approchez des 77 700 euros (services) ou 188 700 euros (vente) deux années de suite, vous serez automatiquement basculé au régime réel — autant anticiper. Le deuxième signal est le montant de vos charges réelles : en micro-entreprise, vous ne pouvez pas déduire vos frais (matériel, local, sous-traitance, déplacements). Si vos charges réelles dépassent l'abattement forfaitaire (34 % en libéral, 50 % en services, 71 % en vente), vous payez des impôts sur de l'argent que vous n'avez pas réellement gagné. Troisième signal : votre besoin de crédibilité. Certains grands comptes refusent de travailler avec des auto-entrepreneurs, ou exigent une assurance RC Pro que le statut ne couvre pas toujours. Quatrième signal : vous souhaitez embaucher ou vous associer — l'auto-entrepreneur est par définition un statut individuel. En pratique, la bascule se fait généralement entre 50 000 et 70 000 euros de CA annuel en services, quand l'économie fiscale compense le coût de la comptabilité et des formalités supplémentaires (environ 2 000 à 4 000 euros par an).
Comment fonctionne l'ACRE et quelles économies peut-on réaliser en première année ?+
L'ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d'Entreprise) est une exonération partielle de charges sociales pendant les 12 premiers mois d'activité. Elle est accessible à tous les créateurs d'entreprise (auto-entrepreneur, EURL, SASU, etc.) sous conditions (demandeur d'activité emploi, bénéficiaire du RSA, moins de 26 ans, etc.), et à la demande. En auto-entrepreneur, l'ACRE réduisait les taux de moitié pour les créations jusqu'au 30 juin 2026 (12,8 % au lieu de 25,6 % en libéral) ; pour les créations à compter du 1er juillet 2026, la réduction est ramenée à 25 % : vous payez 19,2 % en libéral (décret du 6 février 2026). Sur un CA de 50 000 euros, l'économie de première année passe ainsi d'environ 6 400 à 3 200 euros. Pour les gérants de société (EURL, SARL), l'ACRE exonère de la plupart des cotisations (maladie, maternité, retraite de base, allocations familiales) : exonération totale si la rémunération est inférieure à 75 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (36 045 euros en 2026), dégressive jusqu'au plafond (48 060 euros), nulle au-delà. Attention : l'ACRE ne couvre pas la CSG-CRDS, ni la retraite complémentaire, ni la contribution formation. Autre piège fréquent : en auto-entrepreneur, l'ACRE n'est plus automatique depuis 2020 — vous devez la demander au moment de l'immatriculation via le formulaire ACRE sur le site de l'URSSAF. Si vous oubliez, vous payez le taux plein dès le premier euro.
Quels sont les seuils de TVA et que se passe-t-il quand on les dépasse ?+
La franchise en base de TVA vous dispense de collecter et reverser la TVA tant que votre CA reste sous les seuils. En 2026, les seuils de franchise sont de 37 500 euros pour les prestations de services et 85 000 euros pour la vente de marchandises. Il existe un seuil de tolérance majoré : 41 250 euros (services) et 93 500 euros (vente). Le mécanisme est le suivant : si votre CA dépasse le seuil de franchise mais reste sous le seuil de tolérance, vous restez en franchise l'année en cours mais devenez redevable de la TVA l'année suivante. Si votre CA dépasse le seuil de tolérance, vous devenez redevable de la TVA dès le premier jour du mois de dépassement. Concrètement, devenir redevable de la TVA signifie que vous devez facturer 20 % de TVA à vos clients (ou 10 %, 5,5 % selon l'activité), déclarer et reverser cette TVA à l'État chaque mois ou trimestre, mais aussi déduire la TVA sur vos achats professionnels. Pour un freelance dont les clients sont des entreprises (B2B), le passage à la TVA est souvent neutre : les clients déduisent la TVA, donc votre prix HT reste le même. En revanche, pour les activités B2C (vente aux particuliers), le passage à la TVA augmente vos prix de 20 % ou réduit votre marge — c'est un vrai sujet stratégique.
Faut-il opter pour l'impôt sur le revenu (IR) ou l'impôt sur les sociétés (IS) ?+
Le choix entre IR et IS dépend principalement de votre tranche marginale d'imposition et de votre stratégie de rémunération. À l'IR (régime par défaut de l'auto-entrepreneur et de l'EURL), le bénéfice de l'entreprise est ajouté à vos autres revenus et imposé au barème progressif (0 %, 11 %, 30 %, 41 %, 45 %). Si vous êtes célibataire sans enfant et que votre bénéfice dépasse environ 28 000 euros, vous entrez dans la tranche à 30 %, et au-delà de 82 000 euros, dans la tranche à 41 %. À l'IS (régime de la SASU, SAS et SARL ; option possible pour l'EURL), le bénéfice est imposé à 15 % jusqu'à 42 500 euros, puis à 25 % au-delà. C'est avantageux si vous n'avez pas besoin de sortir tout le bénéfice en rémunération : l'argent reste dans la société, taxé à 15 ou 25 %, au lieu de 30 à 45 % à l'IR. Vous pouvez ensuite vous verser un salaire (avec charges sociales) ou des dividendes (flat tax à 30 %). La stratégie optimale à l'IS consiste à arbitrer entre salaire (qui génère des droits retraite et des charges déductibles du résultat) et dividendes (moins taxés mais sans droits sociaux). En pratique, l'IS devient plus intéressant que l'IR à partir de 40 000 à 50 000 euros de bénéfice annuel pour un célibataire, et à partir de 60 000 à 70 000 euros pour un couple avec enfants — car le quotient familial réduit l'impôt à l'IR.