De nouveaux rappels de lait infantile ont été annoncés le 2 février 2026, après l’abaissement en France du seuil de tolérance pour la toxine céréulide. La marque Popote a rappelé deux lots de lait infantile 1er âge, tandis que Vitagermine (Babybio) en a rappelé trois. L’autorité sanitaire européenne (Efsa), saisie par la Commission européenne, devait rendre son avis dans la journée.
En cause : l’annonce par le ministère de l’Agriculture d’un abaissement du seuil pour la céréulide. Vitagermine a indiqué avoir mené des investigations durant le week-end pour « s’assurer que l’ensemble des produits respectent ce nouveau seuil ». Les trois lots identifiés « étaient conformes à la norme en vigueur jusqu’à la semaine dernière », mais doivent désormais être retirés. Popote a appliqué « sans attendre le nouveau cadre européen ».
Une crise en cascade depuis décembre
Les rappels de laits infantiles ont débuté mi-décembre, lorsque Nestlé a rappelé des dizaines de lots dans le monde, déclenchant une cascade de décisions similaires. Les géants comme Danone et Lactalis sont concernés, ainsi que des acteurs plus modestes de ce marché en croissance.
Plusieurs industriels mettent en cause un fournisseur d’ingrédient chinois, Cabio Biotech, qui produit une huile riche en oméga-6. Cette huile aurait été contaminée par des bactéries Bacillus cereus, susceptibles de produire la céréulide, pouvant provoquer vomissements et diarrhées. Les autorités françaises évoquent un unique « fournisseur chinois » sans le nommer, ce qui pose selon plusieurs parlementaires la question de la souveraineté des approvisionnements.
Enquêtes en cours et actions judiciaires
L’association Foodwatch a porté plainte auprès du parquet de Paris aux côtés de huit familles, accusant les fabricants d’avoir tardé à rappeler leurs lots suspects. Les enquêtes pénales ouvertes à Bordeaux et Angers après la mort de nourrissons ayant consommé des laits Nestlé rappelés n’ont pas établi de lien direct à ce stade.
Le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies a reçu plusieurs signalements de diarrhées, mais pas de « cas graves », après la consommation de lait visé par les rappels. Les « enquêtes nationales sont en cours », selon l’Efsa. La toxine, rare et compliquée à détecter, a conduit certains industriels à procéder à des rappels « par précaution ».
Cette nouvelle vague de rappels s’inscrit
Cette nouvelle vague de rappels s’inscrit dans un contexte où Nestlé réfute les accusations de retard dans la gestion de la crise, tout en admettant avoir détecté la toxine dès fin novembre 2025.









