Après sa démission de CNews une semaine plus tôt, la journaliste Sonia Mabrouk a annoncé vendredi qu'elle quittait également Europe 1, le JDD et les éditions Fayard. À 48 ans, elle tourne définitivement la page de l'ensemble des médias dans le giron de Vincent Bolloré, dans le prolongement de la polémique liée au maintien de l'animateur Jean-Marc Morandini à l'antenne malgré ses condamnations.
Un départ motivé par « un souci de cohérence »
« Dans un souci de cohérence, après ma démission de CNews, et ce malgré un fort attachement à Europe 1, j'ai pris la décision de quitter mon poste d'intervieweuse politique qui m'a vu faire mes premiers pas dans cette radio », a indiqué Sonia Mabrouk dans un communiqué transmis à l'AFP.
La journaliste franco-tunisienne, pilier d'Europe 1 depuis 2013 et de CNews depuis 2017, a remercié les auditeurs ainsi que Constance Benqué, directrice générale de Lagardère Radio. Elle a précisé vouloir « se concentrer sur un heureux événement qui arrive prochainement », enceinte de son deuxième enfant attendu au printemps.
La direction dEurope 1 lui
La direction d'Europe 1 lui a souhaité « la meilleure des suites pour sa carrière professionnelle ». Dès lundi, Laurence Ferrari assurera la présentation de « La Grande Interview » à 8 h 10 sur Europe 1, émission codiffusée sur CNews.
L'affaire Morandini, déclencheur de la crise
Sonia Mabrouk avait démissionné de CNews, première chaîne d'information de France en part d'audience, après le maintien de Jean-Marc Morandini sur l'antenne malgré ses condamnations définitives, notamment pour corruption de mineurs. Elle avait évoqué une « altération certaine et effective » de sa relation avec la direction de la chaîne.
Le 14 janvier, la Cour de cassation avait rendu définitive la condamnation de Morandini pour corruption de mineurs, pour des messages de nature sexuelle envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016. Il avait été condamné à deux ans de prison avec sursis et à une interdiction définitive d'exercer une profession en contact avec des mineurs.
Lanimateur avait également renoncé le
L'animateur avait également renoncé le 22 janvier à contester une condamnation pour harcèlement sexuel dans un autre dossier, reconnu coupable d'avoir « usé de pressions pour obtenir un acte sexuel » de la part d'un jeune comédien.
Boycott et pressions politiques sur CNews
Après Sonia Mabrouk, d'autres présentateurs de CNews avaient pris leurs distances avec le maintien de Morandini : Pascal Praud, Laurence Ferrari et Philippe de Villiers. De nombreux responsables politiques avaient critiqué cette décision et boycottaient l'émission de débats quotidienne de l'animateur.
Dans une scène inédite, l'eurodéputé François-Xavier Bellamy (LR), invité lundi matin de « La Grande Interview », avait lancé à l'adresse de Morandini : « Partez, démissionnez ! » L'animateur avait finalement annoncé son retrait de l'antenne à la mi-journée, pour « rétablir le calme nécessaire au travail de la rédaction », selon ses propres termes sur le réseau social X.
En interne le syndicat Libres
En interne, le syndicat Libres de Canal+ réclame « le départ sans indemnité de Jean-Marc Morandini », conformément à l'engagement pris par la direction de la chaîne, alors appelée iTélé, en 2016 en cas de condamnation. Le milliardaire Vincent Bolloré doit par ailleurs être convoqué fin février par la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public et être interrogé sur cette affaire.











