La Chine a présenté jeudi sa feuille de route économique et sociale pour les cinq prochaines années. Le quinzième plan quinquennal, annoncé lors du grand événement politique des « Deux sessions » à Pékin, détaille dans un document de 141 pages les ambitions du pays en matière de transformation économique et d'autosuffisance technologique d'ici 2030.
Doubler le PIB par habitant et relancer la consommation
La Chine souhaite atteindre un niveau de PIB « des pays moyennement développés » en doublant le PIB par habitant de 2020 au cours des cinq prochaines années. La deuxième économie mondiale peine à se remettre de la pandémie de Covid-19, pénalisée par un secteur immobilier surendetté.
Les dirigeants espèrent que cette croissance s'accompagnera d'une hausse de la consommation et de progrès scientifiques. Cependant, l'objectif de croissance pour 2026 a été fixé entre 4,5 et 5 %, soit le niveau le plus bas depuis 1991, selon les recherches de l'AFP.
L'autosuffisance technologique au cœur de la stratégie
La science et la technologie occupent une place centrale dans le plan. Pékin investit massivement dans les semi-conducteurs et l'intelligence artificielle afin de réduire sa dépendance vis-à-vis des États-Unis. L'IA est mise au premier plan avec le lancement d'un « plan d'action IA+ ».
Le rapport prévoit que « le taux de croissance annuel moyen des investissements en recherche et développement pour l'ensemble de la société dépassera 7 % », tandis que « les capacités de recherche fondamentale et d'innovation originale seront sensiblement renforcées ».
Soft power et succès culturels
Le plan prévoit un renforcement de l'influence culturelle chinoise. « L'influence de la culture chinoise sera considérablement renforcée et le soft power du pays ne cessera de s'améliorer », indique le rapport. Les produits culturels chinois ont déjà connu un succès international en 2025, avec le phénomène des jouets Labubu et le record au box-office du film d'animation « Ne Zha 2 ».
Amélioration des conditions sociales
Les dirigeants visent une baisse du taux de chômage urbain sous les 5,5 % d'ici 2030. Le chômage des 16-24 ans avait atteint en août un record sur deux ans de 18,9 %, selon le Bureau national des statistiques. Des experts soulignent que les Chinois remettent de plus en plus en question la valeur des diplômes universitaires dans un marché saturé.
Le plan promet que « la croissance du revenu des résidents sera en phase avec la croissance économique » et que « le nombre moyen d'années d'études de la population en âge de travailler passera à 11,7 ans ». L'espérance de vie moyenne doit être portée à 80 ans, contre 79 actuellement.
Objectifs environnementaux : réduire la pollution
Si les niveaux de pollution dans de nombreuses villes chinoises dépassent encore les limites de l'OMS, ils ont fortement baissé par rapport à la décennie précédente. Depuis 2013, les niveaux de PM2,5 à Pékin ont diminué de 69,8 %, selon la municipalité. En 2024, la concentration moyenne dans les villes chinoises s'élevait à 29,3 microgrammes par mètre cube.
Le plan fixe un objectif de réduction de la concentration de particules fines sous 27 microgrammes par mètre cube dans les villes au niveau préfectoral ou au-dessus. Ces résultats sont le fruit d'une campagne menée depuis plusieurs années, ayant entraîné le déplacement d'usines hors des villes et l'électrification des véhicules.











