Depuis le 1er mars 2026, chaque colis commandé sur une plateforme de commerce en ligne hors Union européenne et d’une valeur inférieure à 150 euros est soumis à une taxe de 2 euros. La mesure, inscrite dans la loi de finances pour 2026, vise les plateformes chinoises comme Shein, Temu et AliExpress, mais s’applique à tout envoi expédié depuis un pays tiers. Le montant réel peut toutefois dépasser les 2 euros annoncés.
Ce que prévoit la loi
L’article de la loi de finances pour 2026 crée une « contribution sur les envois de marchandises à faible valeur ». Elle concerne les colis expédiés depuis un pays hors de l’Union européenne, d’une valeur déclarée inférieure à 150 euros. Le montant de la contribution est fixé à 2 euros depuis le 1er mars 2026.
L’objectif affiché par le gouvernement est triple : lutter contre la concurrence déloyale des plateformes hors UE, qui bénéficient d’un régime douanier allégé, financer le recyclage des déchets textiles et décourager les achats à très bas coût dont l’impact environnemental est documenté.
Par catégorie, pas par colis : le piège
Le point le plus méconnu du dispositif concerne le mode de calcul. La taxe ne s’applique pas forfaitairement au colis, mais par catégorie douanière de produits contenus dans le colis. Chaque ligne de déclaration en douane correspond à une catégorie de marchandises (vêtements, électronique, cosmétiques, accessoires, etc.).
En pratique, un colis contenant uniquement des vêtements relève d’une seule catégorie : la taxe est de 2 euros. Mais un colis contenant un vêtement, une coque de téléphone et un produit cosmétique relève de trois catégories distinctes : la taxe monte à 6 euros. Sur une commande à 15 euros, le surcoût représente 40 % du prix.
Les plateformes comme Shein et Temu regroupent souvent les commandes en un seul envoi. Plus le colis est varié, plus la taxe est élevée.
Ce qui change le 1er juillet 2026
La loi prévoit un relèvement automatique de la contribution au 1er juillet 2026. Le montant par catégorie douanière passera de 2 à 3 euros. Un colis mixte contenant trois catégories coûtera alors 9 euros de taxe, contre 6 euros actuellement.
Cette hausse programmée vise à renforcer progressivement l’effet dissuasif du dispositif. Le gouvernement n’a pas exclu de nouvelles augmentations ultérieures.
Qui est concerné
La taxe s’applique à tout acheteur résidant en France qui commande un produit expédié depuis un pays hors de l’Union européenne. Les principales plateformes visées sont :
- Shein (mode, accessoires)
- Temu (bazar, électronique, maison)
- AliExpress (électronique, accessoires)
- Wish (bazar, gadgets)
Sont également concernés les achats sur Amazon, eBay ou tout autre site lorsque le produit est expédié directement depuis la Chine, la Turquie ou tout pays tiers.
Ce qui n’est pas taxé
Plusieurs cas sont exclus du dispositif :
- Les colis expédiés depuis un entrepôt situé dans l’Union européenne, même si le produit a été fabriqué en Chine. C’est le cas de nombreux articles vendus par Amazon depuis ses entrepôts européens
- Les colis d’une valeur déclarée supérieure à 150 euros, qui relèvent du régime douanier classique (droits de douane + TVA)
- Les envois entre particuliers non commerciaux
Ce qu’il faut retenir avant de commander
Trois réflexes permettent de limiter le surcoût. Le premier : vérifier le lieu d’expédition du colis. Un produit stocké dans un entrepôt européen n’est pas soumis à la taxe. Le deuxième : éviter de mélanger des catégories de produits dans une même commande, car chaque catégorie génère une taxe supplémentaire. Le troisième : comparer avec les prix des enseignes françaises, dont l’écart se réduit mécaniquement avec l’ajout de la taxe.











