Marine Le Pen connaîtra le 7 juillet son sort judiciaire, et donc politique. La cour d'appel de Paris s'est donné presque cinq mois après la fin des débats pour statuer dans le dossier des assistants des eurodéputés du RN, a-t-elle annoncé mercredi en fin d'après-midi.
Un verdict qui décidera de la présidentielle 2027
La cheffe de file de l'extrême droite a indiqué qu'elle se déciderait quant à une quatrième candidature à la présidentielle dès l'annonce de la décision d'appel, sans attendre un éventuel arrêt de la Cour de cassation. Elle avait été condamnée en première instance à deux ans de port de bracelet électronique et cinq ans d'inéligibilité avec exécution immédiate, l'empêchant de se présenter.
« Plus (la décision était rendue) tôt, mieux je me portais », a-t-elle glissé à quelques journalistes à l'issue de l'audience. « La date, on fera avec. Je comprends qu'ils prennent du temps, c'est une cour d'appel qui n'a pas droit à l'erreur », a-t-elle ajouté.
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Lun de ses avocats Me Rodolphe
L'un de ses avocats, Me Rodolphe Bosselut, avait conclu sa plaidoirie de deux heures en interpellant les magistrats : « La voilà à l'orée d'une élection primordiale pour le pays (...) Mais cette élection présidentielle rend l'arrêt que vous aurez à rendre vertigineux. »
La défense conteste l'infraction de détournement de fonds publics
Il est reproché à Marine Le Pen, au RN (alors Front national) et à dix autres cadres d'avoir fait embaucher des assistants parlementaires rémunérés par des fonds européens, mais dont l'activité aurait bénéficié uniquement au parti. L'accusation a décrit un « système » dont Marine Le Pen serait « l'instigatrice, à la suite de son père », ayant permis de « détourner 1,4 million d'euros ».
Pour Me Bosselut, la poursuite est « nulle et non avenue ». L'infraction retenue de « détournement de fonds publics » serait impropre, selon lui, notamment parce que les eurodéputés ne sont pas les « ordonnateurs » de la remise des fonds. Parodiant Charles de Gaulle, l'avocat a lancé : « On peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant le système, le système, le système ! C'est très accrocheur, mais c'est un détournement de fonds d'atmosphère... »
Sa consœur Me Sandra Chirac-Kollarik
Sa consœur Me Sandra Chirac-Kollarik a mis en évidence que le nombre de contrats litigieux et les sommes en jeu étaient « bien inférieurs au maximum théorique » que permettaient les enveloppes du Parlement européen.
L'équation politique de Marine Le Pen
Pour la triple candidate malheureuse à la présidentielle, l'équation est claire : il lui faut n'être condamnée qu'à deux ans d'inéligibilité maximum et à une peine d'emprisonnement avec sursis pour pouvoir tenter sa chance en 2027.
Les réquisitions de la semaine précédente sont « peu ou prou conformes » au jugement de première instance, lui-même quasi calqué sur les premières conclusions du parquet. Les deux avocats généraux ont requis quatre ans d'emprisonnement dont trois avec sursis, 100 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité.
Depuis chacun a admis que
Depuis, chacun a admis que ce deuxième procès s'est déroulé dans une ambiance nettement plus apaisée que le premier, avec une présidente dont « l'écoute » a été saluée. « Je suis croyante... alors je crois aux miracles », avait plaisanté Marine Le Pen la semaine précédente.
La médaille de bronze est revenue aux précédents judiciaires que la défense a convoqués : Alain Juppé (18 mois avec sursis, un an d'inéligibilité dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris) et Henri Emmanuelli (deux ans d'inéligibilité dans le dossier Urba).











