Jean-Luc Mélenchon a offert lundi un rare mea culpa en se disant « désolé » d'avoir « déformé par erreur » les noms de plusieurs personnalités, dont celui de l'eurodéputé Raphaël Glucksmann. Ce geste intervient après des accusations d'antisémitisme qui fragilisent La France insoumise à moins de deux semaines des élections municipales.
Un mea culpa inhabituel du leader insoumis
Lors d'un meeting à Perpignan dimanche, le chef de la gauche radicale a mal prononcé le nom de l'eurodéputé social-démocrate, disant d'abord « Glucksman » puis « Glucksmane ». Ses propos ont réactivé des accusations d'antisémitisme dont il se défend.
Quelques jours plus tôt, il avait déjà été critiqué pour avoir ironisé sur le nom à consonance juive du criminel sexuel Jeffrey Epstein, se demandant si la prononciation « Epstine » ne visait pas à le russifier.
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Sur le réseau social X Mélenchon
Sur le réseau social X, Mélenchon a affirmé avoir « déformé par erreur beaucoup de noms dans ce discours », comme celui de Donald Trump ou du candidat insoumis Mickaël Idrac. « Celui de Glucksmann provoque des réactions alors même que j'ai rectifié sur le champ. J'en suis le premier désolé pensant à ceux que cela blesse. Je retiens la leçon. On ne m'y reprendra pas », a-t-il écrit.
Une comparaison avec Jean-Marie Le Pen
Raphaël Glucksmann, candidat potentiel à l'élection présidentielle de 2027, avait qualifié Mélenchon de « Jean-Marie Le Pen de notre époque ». « Il est devenu ce mélange de trublion et de clown qui joue avec les pires codes de l'extrême droite française et de l'antisémitisme », avait-il ajouté.
D'autres personnalités politiques, comme le député socialiste Jérôme Guedj ou l'ancien Premier ministre Gabriel Attal, ont aussi établi cette comparaison. Le défunt fondateur du Front national avait été condamné à plusieurs reprises pour des propos sur les Juifs ou la Seconde Guerre mondiale, notamment pour le jeu de mots « Durafour crématoire » en 1988.
Les conséquences pour les municipales
LFI traverse une tempête politique depuis la mise en cause de collaborateurs de son député Raphaël Arnault dans l'enquête sur la mort du militant d'extrême droite Quentin Deranque à Lyon. Au cours des dernières semaines, le mouvement s'est arc-bouté sur ses positions, creusant le fossé avec les autres partis de gauche.
Le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, a estimé que « tout ça finira mal », dénonçant « ce qui n'est plus un dérapage mais une stratégie qui dérive sur les eaux brunes de l'antisémitisme ». La députée Clémentine Autain a jugé que Mélenchon « est désormais un naufragé volontaire ».
Le PS et les Écologistes nont
Le PS et les Écologistes n'ont pas complètement fermé la porte à des rapprochements avec LFI « au cas par cas » entre les deux tours des municipales des 15 et 22 mars, même si des voix à gauche, comme celles de Glucksmann ou de l'ancien président François Hollande, appellent à couper les ponts.
Le Rassemblement national a de son côté attaqué avec force LFI et appelé les autres formations à lui faire barrage aux prochaines élections. Mélenchon a répondu en accusant l'extrême droite de vouloir « provoquer une inversion » : « Elle veut nous attribuer un antisémitisme qui, comme tous les racismes, reste son code génétique ».











