Nicolas Zepeda, 35 ans, s’est présenté mardi devant la cour d’assises du Rhône à Lyon pour répondre de l’assassinat de son ex-petite amie japonaise Narumi Kurosaki, étudiante de 21 ans disparue en décembre 2016 à Besançon. C’est la troisième fois que le Chilien est jugé pour ces faits, qu’il continue de nier.
Les faits : deux condamnations annulées, un troisième procès
Nicolas Zepeda a déjà été condamné deux fois à 28 ans de réclusion criminelle, en 2022 en première instance puis en 2023 en appel. La Cour de cassation a annulé le verdict en 2025 pour un vice de procédure. Son avocat, Sylvain Cormier, a prévenu que l’accusé plaiderait de nouveau son innocence.
En détention provisoire depuis son extradition du Chili en 2020, Zepeda a décliné son identité à l’audience dans un français qualifié de parfait. Cinq interprètes en japonais et en espagnol traduisent les débats, prévus pour deux semaines.
Une accumulation d’indices sans corps ni aveu
Narumi Kurosaki a été vue vivante pour la dernière fois le 4 décembre 2016, regagnant sa résidence universitaire à Besançon. Dans la nuit, des voisins ont entendu des hurlements décrits « comme dans un film d’horreur ». L’accusé affirme avoir eu une rencontre fortuite avec la jeune femme suivie de relations sexuelles.

Les enquêteurs ont relevé de nombreux indices. Les bornages du téléphone de Narumi et de la voiture de location de Zepeda démontrent qu’il avait épié son ex-petite amie et son nouveau compagnon. Le portefeuille de la victime, 565 euros, ses deux cartes bancaires, son manteau, ses chaussures, son téléphone et sa carte SNCF ont été retrouvés dans sa chambre, qui portait des traces de nettoyage au détergent.
Quatre jours avant la disparition, Zepeda avait acheté un bidon de cinq litres de produit combustible, des allumettes et un pulvérisateur de détergent à l’eau de Javel. Selon l’accusation, il a enterré ou immergé le corps dans un sous-bois bordé d’une rivière, où son GPS et son téléphone prouvent qu’il s’est rendu à plusieurs reprises.
Des messages « incohérents » et des recherches sur l’asphyxie
Après la disparition, des courriels et messages prétendument écrits par Narumi ont été envoyés à ses proches. Ils indiquaient qu’elle se trouvait à Lyon pour renouveler son visa d’étudiante, une formalité qui relève du consulat japonais de Strasbourg. Un billet de TGV Besançon-Lyon a été acheté au nom de Narumi le 6 décembre depuis un centre commercial où Zepeda se trouvait. La jeune femme n’a jamais pris ce train.

Avant de quitter la France pour le Chili via Barcelone, Zepeda a interrogé son cousin sur « la mort par asphyxie » et la manière de savoir si une personne est « vivante ou morte » après une pendaison.
La famille de Narumi face à un troisième procès
La mère et les sœurs de Narumi Kurosaki ne semblent plus espérer retrouver sa dépouille. Leur avocate, Sylvie Galley, a indiqué qu’au premier procès, « elles étaient venues avec cet espoir démesuré » d’obtenir des aveux, provoquant « un moment de décompensation psychologique épouvantable ».


« Il ne semble pas que ce troisième procès ouvre la voie à des révélations quelconques », a précisé Me Galley. « Leur but est d’aller au bout du processus judiciaire, quitte à laisser leur santé et une partie d’elles-mêmes », a-t-elle ajouté.











