Une magistrate grenobloise et sa mère, séquestrées pendant une trentaine d'heures pour une demande de rançon en cryptomonnaies, ont été retrouvées blessées vendredi matin dans un garage de Bourg-lès-Valence, dans la Drôme, après avoir réussi à appeler à l'aide par leurs propres moyens.
Un enlèvement nocturne ciblant les cryptomonnaies
Jeudi, « à 2h50, une femme âgée de 35 ans, qui exerce une profession de magistrat à Grenoble, a été enlevée à son domicile avec sa mère de 67 ans », a déclaré le procureur de Lyon Thierry Dran lors d'une conférence de presse.
Son compagnon, « associé dans une start-up qui a des activités de cryptomonnaie », était absent lors du rapt à Saint-Martin-le-Vinoux, près de Grenoble. Dès jeudi matin, vers 9h30, « il avisait la police qu'il avait reçu un message, ainsi qu'une photo de sa compagne, émanant des ravisseurs lui demandant le versement d'une rançon en cryptomonnaies, et menaçant de mutilations les victimes ».
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160 agents mobilisés dans une course contre la montre
Un important dispositif policier, comptant 160 agents de différents services, a été mobilisé dans le cadre d'une enquête pour enlèvement et séquestration en bande organisée, supervisée par la juridiction interrégionale spécialisée contre la criminalité organisée (Jirs) de Lyon.
« Les enquêteurs ont engagé une véritable course contre la montre » car « c'est une affaire de seconde et nous avions la charge de retrouver les victimes saines et sauves », a ajouté Béatrice Brun, directrice zonale de la police nationale Sud-Est.
Les victimes se libèrent seules
Les deux femmes ont finalement réussi à se défaire de leurs liens pour donner l'alerte par leurs propres moyens. Elles ont été retrouvées vendredi matin à Bourg-lès-Valence, sans qu'« aucune rançon » ne soit versée.

« Elles ont pu profiter de l'absence de leurs ravisseurs pour se détacher, pour appeler de l'aide, notamment en tapant fortement contre la porte du garage », a expliqué le procureur, saluant leur « courage ».
Un voisin grand-père qui allait conduire
Un voisin, grand-père qui allait conduire sa petite-fille à l'école, a entendu du bruit. « Elles tapaient, elles criaient, j'ai ouvert la porte et les femmes sont sorties dehors », a-t-il raconté à l'AFP. « Je suis content de les avoir fait sortir vivantes ! »
Des blessures mais aucune interpellation
La magistrate souffre de blessures à la tête, avec des plaies au cuir chevelu. Quinze jours d'incapacité temporaire de travail lui ont été prescrits, deux jours pour sa mère. Aucune interpellation n'a eu lieu à ce stade.
« On est un peu sous le choc », a commenté Marlène Mourier, maire de Bourg-lès-Valence, estimant que les affaires de cryptomonnaies « touchent n'importe quelle ville ».
Une série d'enlèvements liés aux cryptomonnaies
Les enlèvements contre demande de rançon ou vol de cryptomonnaies se sont multipliés en 2025, parallèlement à la popularité de ces actifs. Fin août, un ressortissant suisse avait été libéré près de Valence par le GIGN, quatre jours après son enlèvement. En janvier, un homme de 74 ans avait été enlevé à Voiron, en Isère, pour une demande de rançon en cryptomonnaies à son fils.











