Cet article est mis à jour en continu. Dernière mise à jour : 18 mars 2026, 09h00. Les listes du second tour des municipales 2026 ont été déposées en préfecture le mardi 17 mars à 18 heures. Les configurations sont désormais définitives. Le second tour se tiendra le dimanche 22 mars. Retraits, fusions et maintiens ont redessiné la carte électorale dans les principales villes de France. Lire les résultats complets du premier tour.
Les règles du second tour des municipales
Les listes ayant obtenu au moins 10 % des suffrages exprimés au premier tour peuvent se maintenir au second tour. Les listes ayant recueilli au moins 5 % peuvent fusionner avec une liste qualifiée. Une liste qualifiée peut aussi choisir de se retirer pour favoriser une autre liste, renonçant alors à toute représentation au conseil municipal.
Deux types de fusion existent. La fusion programmatique unit des listes autour d'un programme commun de gouvernement. La fusion technique vise à additionner les voix sans engagement de cogestion, un mécanisme que La France insoumise a privilégié dans plusieurs villes. La liste arrivée en tête au second tour obtient une prime majoritaire de 50 % des sièges ; les sièges restants sont répartis à la proportionnelle entre les listes ayant dépassé 5 %.
Après les retraits et fusions intervenus entre le 16 et le 17 mars, le nombre de multiangulaires a diminué par rapport aux qualifications du premier tour. Paris passe d'une quinquangulaire à une triangulaire. Marseille passe d'une quadrangulaire à une triangulaire. Lyon, Nantes, Bordeaux et Grenoble passent d'une triangulaire à un duel. Lire notre guide complet des municipales 2026.
Paris : triangulaire après le retrait de Knafo et la fusion Dati-Bournazel
La quinquangulaire annoncée au soir du premier tour n'aura pas lieu. Sarah Knafo (Reconquête, 10,40 %) a annoncé son retrait le 17 mars : « Entre le mal et le moindre mal, je choisis le moindre mal. » Elle a précisé ne pas se retirer « pour Rachida Dati » mais « pour Paris », afin d'empêcher une victoire de la gauche. Rachida Dati avait au préalable rejeté toute alliance avec Reconquête.
Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance, 11,34 %) a de son côté fusionné sa liste avec celle de Rachida Dati (LR-MoDem, 25,46 %). Il devient numéro deux de la liste unifiée. Cette fusion porte le total théorique de la droite et du centre à 36,80 % des voix du premier tour.
À gauche, Emmanuel Grégoire (PS-PCF-Verts-Place Publique, 37,98 %) a refusé toute fusion avec La France insoumise. Sophia Chikirou (LFI, 11,72 %) a confirmé le dépôt de sa liste le 17 mars : « J'avais annoncé que si je n'avais pas d'appel d'Emmanuel Grégoire, je déposerais ma liste. C'est fait. »
Configuration finale : triangulaire. Grégoire (37,98 %) affronte Dati-Bournazel (36,80 % cumulés) et Chikirou (11,72 %). L'écart entre gauche et droite unie est de 1,18 point. Le report des électeurs de Knafo vers la liste Dati et celui des électeurs LFI vers Grégoire détermineront l'issue du scrutin. Lire notre analyse du scrutin parisien.
Marseille : Delogu renonce, triangulaire face au RN
Sébastien Delogu (LFI, 11,94 %) a annoncé son retrait le 17 mars, invoquant le « risque d'une victoire du Rassemblement national ». Benoît Payan (PS, 36,70 %) avait au préalable exclu toute fusion avec LFI : « Il n'y aura pas de fusion. Pas de magouille. »
Martine Vassal (LR-centre, 12,41 %) a confirmé son maintien malgré les appels de Franck Allisio (RN, 35,02 %) à son retrait. Le Rassemblement national a qualifié ce maintien de « vote utile pour Payan ».
Configuration finale : triangulaire. Payan (36,70 %) affronte Allisio (35,02 %) et Vassal (12,41 %). L'écart entre le PS et le RN est de 1,68 point. Le report des 11,94 % de Delogu sera décisif. Si Marseille basculait, elle deviendrait la plus grande ville de France dirigée par le Rassemblement national (870 000 habitants). Lire notre analyse du scrutin marseillais.
Lyon, Toulouse, Nantes, Grenoble : la gauche unie en position de force
Lyon — duel serré Doucet-Aulas
La fusion entre Grégory Doucet (EELV, 37,36 %) et Anaïs Belouassa-Cherifi (LFI, 10,41 %) est confirmée depuis le 16 mars. Le total cumulé de la gauche atteint 47,77 % des voix du premier tour. Jean-Michel Aulas (droite-centre, 36,78 %) a dénoncé une « alliance de la honte » et refusé tout débat avec Doucet.
Configuration finale : duel. Doucet-LFI (47,77 % cumulés) affronte Aulas (36,78 %). L'écart paraît confortable, mais le report des voix RN éliminées (environ 7,5 % pour Dupalais) vers Aulas pourrait resserrer le scrutin. Lire notre analyse du scrutin lyonnais.
Toulouse — gauche unie à 52 %
François Piquemal (LFI, 27,56 %) et François Briançon (PS-Écologistes, 24,99 %) ont annoncé le 16 mars une liste commune baptisée « Demain Toulouse, la gauche unie ». Piquemal mène la liste pour la mairie, Briançon vise la présidence de la métropole. Le total cumulé atteint 52,55 % des voix du premier tour.
Configuration finale : duel. La gauche unie (52,55 % cumulés) affronte Jean-Luc Moudenc (divers droite, sortant, 37,23 %). Si le report est intégral, Moudenc perdrait la mairie après douze ans de mandat. Lire notre analyse du scrutin toulousain.
Nantes — fusion PS-LFI, premier adjoint démissionnaire
Johanna Rolland (PS, sortante, 35,24 %) a scellé un accord avec LFI (11,20 %). Il s'agit d'une « fusion démocratique » sans programme commun : les dix élus LFI siégeront dans l'opposition municipale en cas de victoire. Bassem Asseh, premier adjoint de Rolland, a quitté la campagne après l'annonce de cet accord.
Configuration finale : duel. Rolland-LFI (46,44 % cumulés) affronte Foulques Chombart de Lauwe (LR-centre, 33,77 %). Le centriste Mounir Belhamiti (Renaissance) n'a pas rejoint la liste de droite.
Grenoble — fusion EELV-LFI face à Carignon
Laurence Ruffin (EELV, 26,33 %) et Allan Brunon (LFI, 14,59 %) ont confirmé un accord technique. Treize élus LFI figurent sur la liste, proportionnellement à leur score du premier tour.
Configuration finale : duel. Ruffin-LFI (40,92 % cumulés) affronte Alain Carignon (LR, 27,04 %). Les reports des autres listes éliminées détermineront l'ampleur de l'écart.
Strasbourg et Lille : configurations inédites
Strasbourg — double fusion, triangulaire à trois blocs
Jeanne Barseghian (EELV, sortante, 19,72 %) a fusionné avec LFI (Kobryn, 12,03 %). Kobryn devient numéro deux de la liste. En réaction, Place Publique a quitté la liste Barseghian avant cette fusion. Total cumulé EELV-LFI : 31,75 %.
Catherine Trautmann (PS, 25,93 %), arrivée en tête au premier tour, a fusionné avec le candidat Horizons-MoDem-Renaissance (Jakubowicz). Olivier Faure (PS national) a désavoué ce rapprochement avec le centre-droit. Horizons national soutient de son côté le candidat LR Jean-Philippe Vetter (24,23 %), qui se maintient seul.
Configuration finale : triangulaire. Trautmann-Horizons (environ 31 % cumulés) affronte Barseghian-LFI (31,75 % cumulés) et Vetter LR (24,23 %). Trois blocs de force comparable rendent l'issue imprévisible.
Lille — quadrangulaire, le PS-EELV face à trois adversaires
Stéphane Baly (EELV, 17,75 %) a fusionné avec Arnaud Deslandes (PS, 26,26 %). Total cumulé PS-EELV : 44,01 %. Lahouaria Addouche (LFI, 23,36 %), Violette Spillebout (Renaissance, 11,14 %) et Matthieu Valet (RN, 10,92 %) se maintiennent.
Configuration finale : quadrangulaire. Deslandes-EELV part avec une avance confortable. La dispersion des voix entre LFI, Renaissance et RN favorise le duo PS-EELV. LFI a conditionné toute fusion au fait que les militants PS se « désolidarisent » de Jean-Luc Mélenchon, une condition que le PS a refusée. Lire notre panorama du Nord.
Nice, Toulon, Nîmes : le RN aux portes du pouvoir dans le Sud
Nice — Ciotti en position dominante
Éric Ciotti (UDR-RN, 43,43 %) devance Christian Estrosi (Horizons, 30,92 %) et Juliette Chesnel-Le Roux (gauche unie, environ 11,9 %). La triangulaire profite à Ciotti : le vote anti-Ciotti se disperse entre Estrosi et la gauche. Estrosi devra convaincre l'électorat de gauche de voter pour lui, un exercice délicat pour l'ancien allié de Nicolas Sarkozy.
Toulon — Lavalette favorite après le retrait de Bonnus sans fusion
Michel Bonnus (LR, 15,71 %) s'est retiré en faveur de Josée Massi (sortante, 29,54 %). Mais les deux listes n'ont pas fusionné : Massi a déposé la même liste qu'au premier tour, inchangée. L'équipe de la maire sortante rejette les termes « barrage » et « front républicain ».
Configuration finale : duel. Laure Lavalette (RN, 42,05 %) affronte Massi (29,54 %). Sans fusion, le report des électeurs de Bonnus vers Massi n'est pas garanti. Lavalette part favorite. Si le RN l'emportait, Toulon (180 000 habitants) deviendrait l'une des plus grandes villes dirigées par le Rassemblement national.
Nîmes — la droite fusionne, 163 voix d'écart entre le RN et la gauche
Franck Proust (LR, 19,55 %) et Julien Plantier (Renaissance, 15,55 %) ont fusionné sous la bannière « Nîmes par-dessus tout ». Total cumulé de la droite unie : environ 35 %. Julien Sanchez (RN, 30,39 %) devance Vincent Bouget (union de gauche, 30,05 %) de seulement 163 voix.
Configuration finale : triangulaire. Trois blocs s'affrontent dans un scrutin exceptionnellement serré. La droite unie dispose du total le plus élevé mais n'était pas en tête au premier tour. L'issue dépendra de la capacité de chaque camp à mobiliser ses électeurs le 22 mars.
Bordeaux, Le Havre et les autres batailles décisives
Bordeaux — duel après le retrait de Dessertine
Philippe Dessertine (divers centre, 20,20 %) n'a pas déposé de liste pour le second tour. La triangulaire attendue devient un duel entre Pierre Hurmic (EELV sortant, 27,68 %) et Thomas Cazenave (Renaissance, 25,58 %). L'écart est de 2,10 points. Le report des voix Dessertine sera déterminant.
Le Havre — Philippe en triangulaire
Édouard Philippe (centre, sortant, 43,76 %) affronte Jean-Paul Lecoq (PCF-union gauche, 33,25 %) et Franck Keller (RN-UDR, 15,30 %) dans une triangulaire. L'ancien premier ministre part favori avec une avance de plus de dix points.
Rouen — Mayer-Rossignol proche de la victoire
Nicolas Mayer-Rossignol (PS, sortant, 45,13 %) est en position de force dans une quadrangulaire. Proche de la majorité absolue dès le premier tour, il dispose d'une marge confortable.
Roubaix — Guiraud (LFI) largement favori
David Guiraud (LFI, 46,64 %) part avec une avance considérable dans une quadrangulaire face à Alexandre Garcin (droite, 20,09 %), Karim Amrouni (union gauche PS-EELV-PCF, 16,76 %) et Céline Sayah (RN, 11,87 %). Si le vote se maintient, Roubaix rejoindra le réseau de villes dirigées par La France insoumise.
Reims — Robinet en tête
Arnaud Robinet (Horizons, sortant) affronte Anne-Sophie Frigout (RN) et Éric Quénard (PS-divers gauche) dans une triangulaire. Le maire sortant part favori.
Impact sur les sénatoriales de septembre et la présidentielle 2027
Les conseillers municipaux élus lors de ce scrutin constitueront 95 % du collège des grands électeurs des sénatoriales de septembre 2026. La moitié des sièges du Sénat sera renouvelée. Chaque conseil municipal conquis ou perdu modifie directement le rapport de forces au Palais du Luxembourg.
Le scrutin du 22 mars dessinera plusieurs tendances nationales. La France insoumise est qualifiée dans huit des dix plus grandes villes de France, une percée historique pour le mouvement de Jean-Luc Mélenchon qui ne disposait jusqu'ici d'aucun ancrage local significatif. Si LFI conquiert Roubaix, contribue à la victoire de la gauche unie à Toulouse, Lyon, Nantes ou Grenoble, le mouvement disposerait pour la première fois d'un maillage territorial, un atout pour la présidentielle de 2027.
Le Rassemblement national est en tête à Nice, Toulon, Nîmes et Perpignan (réélu au premier tour). Si le parti de Jordan Bardella s'implantait durablement dans les grandes villes du Sud, son nombre de grands électeurs sénatoriaux augmenterait de manière significative. Le PS, qui domine encore les grandes métropoles (Paris, Marseille, Lille, Nantes, Rouen), cherche à maintenir son socle face à la double pression de LFI et du RN.
Au centre et à droite, le scrutin met en lumière les fractures internes. À Strasbourg, le PS local s'allie au centre-droit contre l'avis du parti national. À Nice, Éric Ciotti incarne la recomposition droite-RN tandis qu'Estrosi défend la ligne Horizons. Ces résultats du 22 mars constitueront un test grandeur nature avant les échéances nationales. Lire notre analyse des enjeux nationaux.
Résultats détaillés par ville
Paris · Marseille · Lyon · Toulouse · Strasbourg · Le Havre · Toutes les communes











