Lyon est la ville où le suspense est maximal. Au premier tour, 1 184 voix séparent le maire écologiste sortant Grégory Doucet (37,36 %, 76 318 voix) du candidat LR Jean-Michel Aulas (36,78 %, 75 134 voix). Le second tour du 22 mars oppose deux visions de la troisième ville de France, dans un duel qui dépasse le cadre local.
Les résultats du premier tour : la surprise Doucet
Les sondages d'avant premier tour donnaient Jean-Michel Aulas gagnant avec 10 à 15 points d'avance. Le résultat a créé la surprise : non seulement Doucet est arrivé en tête, mais l'écart est inférieur à un point. Six listes se sont présentées au premier tour. Derrière les deux favoris, Anaïs Belouassa-Cherifi (LFI) a recueilli 10,41 % (21 273 voix), Alexandre Dupalais (UDR-RN) 7,07 % (14 451 voix), Nathalie Perrin-Gilbert (PRG) 3,64 % et Georges Képénékian (divers centre) 3,53 %.
La fusion Doucet-LFI : un pari à double tranchant
La fusion entre la liste écologiste de Grégory Doucet et la liste insoumise d'Anaïs Belouassa-Cherifi constitue le fait marquant de l'entre-deux-tours lyonnais. Cette fusion technique apporte à Doucet un réservoir d'environ 10 points supplémentaires, portant le total théorique du bloc de gauche élargi au-delà de 47 %.
Mais cette alliance comporte un risque. Les électeurs modérés qui avaient voté Doucet au premier tour pourraient être rebutés par l'association avec LFI, un parti dont les positions sur la politique nationale divisent l'électorat lyonnais. La question du report est donc asymétrique : Doucet gagne les voix LFI mais pourrait en perdre sur son flanc centriste.
Jean-Michel Aulas : un candidat hors normes
L'ancien président de l'Olympique Lyonnais est une figure inédite dans le paysage municipal lyonnais. Son profil d'entrepreneur (patron de Cegid puis de l'OL pendant plus de 35 ans) tranche avec les candidatures traditionnelles. Investi par LR, Horizons et Renaissance, il incarne un rassemblement de la droite et du centre qui a séduit 36,78 % des électeurs au premier tour.
Aulas aborde le second tour sans allié supplémentaire mais avec un argument : il est le seul candidat capable de rassembler au-delà de son camp. Les voix du RN (7,07 %) et du centre (Képénékian, 3,53 %) constituent un réservoir potentiel, même si les reports depuis ces électorats sont incertains.
Les enjeux lyonnais : mobilité, sécurité, cadre de vie
Le mandat de Grégory Doucet a été marqué par une politique de transformation écologique ambitieuse : développement des pistes cyclables, végétalisation, piétonnisation de plusieurs axes, réduction de la place de la voiture. Cette politique a divisé les Lyonnais entre partisans d'une ville « apaisée » et critiques d'une « écologie punitive ».
Aulas a centré sa campagne sur la sécurité, le soutien au commerce de centre-ville et la « réconciliation » avec les automobilistes. Il a promis de « revoir intégralement la politique de mobilité » et de renforcer la vidéoprotection. Doucet a défendu son bilan en mettant en avant la baisse de la pollution de l'air et l'amélioration du cadre de vie dans les quartiers réaménagés.
Les projections : dans la marge d'erreur
Les derniers sondages donnent Aulas à 51 % et Doucet à 49 %, un écart qui se situe dans la marge d'erreur statistique. La clé du scrutin réside dans la mobilisation différentielle. Les quartiers populaires de l'est lyonnais (Vénissieux, Vaulx-en-Velin, Bron), traditionnellement à gauche, doivent se mobiliser pour Doucet. Les arrondissements du 2e, du 6e et une partie du 3e, plus favorables à Aulas, sont historiquement des fiefs de la droite lyonnaise.
Lyon est la ville où le résultat sera connu le plus tardivement le soir du 22 mars. Chaque bureau de vote comptera.
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