Plusieurs frappes israéliennes ont visé jeudi après-midi un immeuble du quartier de Bachoura, en plein centre de Beyrouth, générant la panique et une épaisse colonne de fumée noire, ont constaté des journalistes de l'AFP. Il s'agit de la quatrième frappe sur le centre de la capitale libanaise — et la première en plein jour — depuis le début de la guerre le 2 mars.
Israël revendique des frappes contre des « infrastructures terroristes »
L'armée israélienne a confirmé avoir « lancé une série de frappes contre les infrastructures terroristes du Hezbollah à Beyrouth ». Selon elle, le groupe avait « caché des millions de dollars pour financer ses activités » sous le bâtiment visé. Une cinquième frappe a atteint un bureau de la société financière Al-Qard al-Hassan, liée au Hezbollah, selon un constat de l'AFP.
Plus tôt dans la journée, le ministre israélien de la Défense Israël Katz avait déclaré avoir ordonné à l'armée de se préparer à « étendre » ses opérations au Liban. « J'ai averti le président libanais que si son gouvernement ne parvient pas à contrôler le territoire et à empêcher le Hezbollah de menacer les communautés du nord et de tirer sur Israël, nous prendrons des territoires et le ferons nous-mêmes », a-t-il ajouté.
Douze morts dans une frappe à l'aube sur un campement de déplacés
À l'aube, une frappe israélienne avait fait 12 morts et 28 blessés sur le front de mer de Ramlet al-Bayda, où se concentraient des déplacés venus des bastions du Hezbollah. « Nous avons soudain entendu le fracas d'une explosion », a raconté Aseel Habbaj, qui dormait dans une tente avec sa famille et son bébé. Elle dit avoir « vu des gens tués étendus par terre ».


« Nous avions choisi cet endroit parce qu'on n'aurait jamais imaginé qu'Israël frappe » en plein Beyrouth, a confié Dalal al-Sayed, 40 ans. Des frappes ont aussi visé Aramoun, un quartier résidentiel au sud de Beyrouth hors des bastions du Hezbollah, faisant cinq morts. Deux enseignants ont été tués sur un campus de l'Université publique libanaise.
800 000 déplacés en une semaine
« C'est une guerre que nous n'avons pas voulue, au contraire, nous travaillons jour et nuit pour l'arrêter », a déclaré jeudi le Premier ministre libanais Nawaf Salam à la télévision. L'armée israélienne a étendu son appel à évacuer côté libanais, demandant aux habitants de se déplacer au-delà d'un fleuve situé à environ 40 km de la frontière.


« Le déplacement massif de population que nous constatons ici est sans précédent », a déclaré Carl Skau, directeur exécutif adjoint du Programme alimentaire mondial (PAM). « On a enregistré quelque 800 000 personnes en une semaine, c'est énorme », a-t-il précisé depuis Beyrouth.











