Israël a bombardé samedi matin la capitale iranienne Téhéran, ciblant notamment l'aéroport international Mehrabad, après que Donald Trump a réclamé la « capitulation » de l'Iran. Sur des images de l'AFP, un épais panache de fumée et des flammes s'échappent de l'infrastructure aéroportuaire, déjà visée les jours précédents. L'agence de presse iranienne Tasnim a rapporté plusieurs explosions.
La guerre, déclenchée le 28 février, est entrée dans sa deuxième semaine. Elle s'étend désormais à de nombreux pays de la région et provoque une flambée des cours du pétrole, avec la paralysie de nombreux flux d'hydrocarbures en provenance du Golfe.
Frappes massives sur l'Iran et riposte limitée
L'armée israélienne avait annoncé plus tôt « une vague de frappes de grande ampleur » contre des cibles gouvernementales à Téhéran, où des foules s'étaient rassemblées vendredi pour le premier jour de prière depuis la mort de l'ayatollah Ali Khamenei.
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Samedi à l'aube, Israël a indiqué répondre à une attaque de missiles iraniens, avant de lever l'alerte. Plus tard, une explosion a retenti à Jérusalem, selon une journaliste de l'AFP, après le déclenchement d'une alerte au missile.
Larmée israélienne a annoncé avoir frappé
L'armée israélienne a annoncé avoir frappé « 400 cibles » à travers l'Iran vendredi. Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) a, de son côté, déclaré avoir frappé plus de « 3 000 » cibles depuis le début de l'opération « Fureur épique ».
Selon les autorités iraniennes, environ un millier de personnes ont été tuées depuis le début de la guerre, dont 30 % seraient des enfants, a déclaré le porte-parole du gouvernement vendredi. L'AFP ne peut pas vérifier ces affirmations. L'Iran continue de riposter en ciblant Israël, où dix personnes au total ont été tuées selon les secours.
Trump exige la « capitulation » et le pétrole flambe
Les opérations militaires « se déroulent très bien », s'est félicité vendredi soir Donald Trump, après avoir écrit sur son réseau Truth Social : « Pas d'accord avec l'Iran, seulement une CAPITULATION SANS CONDITION ! »
Ces déclarations ont fait bondir les cours du pétrole, en hausse de plus de 35 % en une semaine, du jamais vu depuis 2023. Le baril de West Texas Intermediate (WTI), référence américaine, a terminé à 90,90 dollars vendredi, approchant du seuil symbolique des 100 dollars. « Je crains vraiment les conséquences à long terme », en particulier « l'éclosion d'une récession économique », a commenté auprès de l'AFP Ole R. Hvalbye, analyste chez SEB.
En parallèle les grandes entreprises américaines
En parallèle, les grandes entreprises américaines de la défense vont quadrupler leur production d'armes sophistiquées, a annoncé Donald Trump. Le département d'État a approuvé la vente de 12 000 bombes à Israël, sans recourir à l'approbation du Congrès, invoquant une « situation d'urgence ».
Le conflit s'étend à toute la région
Depuis son déclenchement le 28 février, la guerre s'est propagée bien au-delà du théâtre irano-israélien. À Chypre, pays membre de l'Union européenne, une base aérienne britannique a été frappée lundi par un drone de fabrication iranienne.

Une attaque de drones iraniens contre l'Azerbaïdjan, allié d'Israël, soulève la crainte d'une extension du conflit au Caucase. Bakou a accusé Téhéran d'attaque « terroriste » et ordonné à l'armée de préparer des représailles. La Turquie, membre de l'OTAN, a été visée mercredi par un tir de missile balistique iranien, sans que l'on sache si le projectile visait délibérément le pays.
Au Kurdistan irakien les forces
Au Kurdistan irakien, les forces de la coalition menée par Washington ont intercepté vendredi soir des drones chargés d'explosifs au-dessus d'Erbil, selon les autorités kurdes.
Les monarchies du Golfe vivent au rythme des alertes. L'Iran assure ne s'en prendre qu'à des intérêts américains, mais treize personnes, dont sept civils, sont mortes dans la région. Samedi matin, des correspondants de l'AFP ont entendu des explosions à Dubaï et à Manama, au Bahreïn. En Arabie saoudite, l'armée a détruit dans la nuit un missile balistique qui visait la base aérienne du prince Sultan, abritant des militaires américains.
Front libanais : 226 morts et 300 000 déplacés
Le Liban a été aspiré dans le conflit quand le Hezbollah a attaqué Israël pour « venger » la mort de l'ayatollah Khamenei. Un « désastre humanitaire » se profile, a averti le Premier ministre libanais Nawaf Salam, avec le déplacement massif des habitants de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du mouvement pro-iranien, qui compte habituellement 600 000 à 800 000 résidents.
Le bilan des bombardements israéliens s'est alourdi : au moins neuf nouveaux morts vendredi soir dans des frappes dans l'est du pays, portant le total depuis lundi à 226 tués et quelque 800 blessés, selon les autorités. Environ 300 000 personnes ont dû fuir, selon le Conseil norvégien pour les réfugiés.
Samedi matin lagence de presse libanaise
Samedi matin, l'agence de presse libanaise officielle Ani a rapporté que des soldats israéliens avaient tenté de se poser le long de la frontière libano-syrienne, dans le district de Baalbek. Le Hezbollah a dénoncé « l'infiltration de quatre hélicoptères » militaires israéliens « depuis la direction de la Syrie » et dit avoir engagé le combat avec les soldats, qui ont ensuite évacué les lieux. Si cette information était confirmée, il s'agirait de l'opération israélienne menée le plus en profondeur au Liban depuis 2024.
Le Hezbollah continue de tirer des roquettes sur Israël — 70 vendredi selon l'armée israélienne, qui a dit avoir visé « 500 cibles » au Liban depuis lundi et tué « 70 terroristes » du mouvement chiite. Dans le sud du Liban, une position de la Force intérimaire des Nations unies (Finul) a été prise pour cible vendredi, blessant grièvement deux Casques bleus ghanéens.
L'ONU alerte sur une situation « incontrôlable »
La situation provoquée par « toutes les attaques illégales » au Moyen-Orient et au-delà risque de devenir « incontrôlable », a alerté vendredi le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres.














