Des bombardements massifs ciblent de nouveau l'Iran lundi, au troisième jour de l'offensive américano-israélienne destinée à décapiter la République islamique. Le conflit s'étend désormais au Liban, où Israël mène des frappes après des tirs du Hezbollah contre son territoire.
Israël frappe le Liban après les tirs du Hezbollah
Le Hezbollah a affirmé avoir lancé « une salve de missiles et un essaim de drones » contre Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, tué samedi dans les premières heures de l'opération. L'armée israélienne a annoncé frapper des cibles du Hezbollah « à travers le Liban » en riposte.
Les autorités libanaises ont fait état d'au moins 31 morts et 149 blessés. De puissantes explosions ont retenti à Beyrouth dans la nuit, et de nombreuses familles ont fui le sud du pays. L'armée israélienne a enjoint aux habitants d'une cinquantaine de villages de s'éloigner « d'au moins 1 000 mètres » de tout immeuble.
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Le Hezbollah a lancé une campagne
« Le Hezbollah a lancé une campagne contre Israël pendant la nuit et est entièrement responsable de toute escalade », a déclaré le chef d'état-major israélien, le général Eyal Zamir. « Tout ennemi qui menace notre sécurité en paiera le prix fort. »
Trump justifie une opération de plusieurs semaines
Donald Trump a déclaré au New York Times que les États-Unis se préparaient pour une opération durant « quatre à cinq semaines ». Questionné sur l'avenir de l'Iran et sur qui il souhaitait voir à la tête du pays, il a répondu : « J'ai trois très bons choix. Je ne les dévoilerai pas pour l'instant. Finissons d'abord le travail. »

Dans un message vidéo, le président américain a appelé les Gardiens de la révolution à « déposer les armes et recevoir une immunité totale ou faire face à une mort certaine ». Trois soldats américains ont déjà été tués depuis le début du conflit.
Nous ne négocierons pas avec les
« Nous ne négocierons pas avec les États-Unis », a rétorqué Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien. « Trump a plongé la région dans le chaos avec ses rêves illusoires. »
L'Iran riposte sur plusieurs fronts
L'Iran a mené des frappes de représailles contre Israël, où au moins neuf personnes ont été tuées dimanche. Téhéran a également attaqué les Émirats arabes unis, le Qatar, l'Arabie saoudite et le Bahreïn, où un mort a été signalé lundi. Le Royaume-Uni a fait état d'une frappe de drone sur sa base aérienne d'Akrotiri à Chypre.

Des explosions ont retenti à Dubaï, Doha, Manama et Abou Dhabi. Des drones ont été abattus près de l'aéroport d'Erbil, dans le nord de l'Irak, ville hébergeant des troupes américaines. Les Émirats ont appelé l'Iran à revenir « à la raison ».
La mort de Khamenei divise les Iraniens
Dimanche, le Pentagone a annoncé la destruction du quartier général des Gardiens de la Révolution. L'armée israélienne a déclaré avoir « décapité le serpent ». Outre Khamenei, plusieurs hauts responsables ont été tués : le chef des Gardiens Mohammad Pakpour, le conseiller Ali Shamkhani et le chef d'état-major Abdolrahim Moussavi.


La disparition du guide suprême, qui dirigeait l'Iran depuis près de 37 ans, a suscité des réactions contrastées. Des milliers de partisans du régime se sont rassemblés à Téhéran aux cris de « mort à l'Amérique », mais des vidéos vérifiées par l'AFP montrent aussi des acclamations de joie dans les rues.
Nous avons tous compris quil
« Nous avons tous compris qu'il n'y a absolument aucun moyen de réformer ce régime sans une intervention étrangère », témoigne une habitante de Téhéran sous couvert d'anonymat. Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré que venger la mort du guide était un droit « légitime ». Le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a averti que l'Iran ne se fixait « aucune limite » dans son droit à se défendre.











