Près de quarante ans après sa capture, Ron Arad reste l’un des fantômes les plus obsessionnels de l’histoire militaire israélienne. Vendredi soir, les forces spéciales de Tsahal ont tenté de retrouver ses restes dans l’est du Liban, dans une opération héliportée qui s’est soldée par un échec.
Une tombe fouillée dans un cimetière
« Dans le cadre des opérations menées par l’armée israélienne au Liban, les forces spéciales ont mené une opération vendredi soir afin de localiser des restes liés au navigateur disparu Ron Arad », a indiqué Tsahal dans un communiqué samedi matin. « Aucun reste ou objet lié à Ron Arad n’a été trouvé sur le lieu des recherches. »
Sur les réseaux sociaux, des images reprises par les télévisions israéliennes et libanaises montraient un trou creusé dans la terre brune d’un cimetière de Nabi Chit, dans la plaine de la Békaa. Une tombe avait visiblement été ouverte et fouillée.
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Le Hezbollah affirme avoir engagé le combat
Le mouvement chiite a déclaré avoir observé « l’infiltration de quatre hélicoptères » israéliens en provenance de Syrie vers 22h30 (heure locale). Après leur atterrissage, un groupe de combattants du Hezbollah a engagé le combat avec les soldats israéliens près du cimetière de Nabi Chit, selon le mouvement. Les troupes israéliennes auraient mené d’intenses frappes aériennes avant de se replier.
Un correspondant de l’AFP sur place a entendu des avions de combat et d’intenses échanges de tirs tout au long de la nuit. Au moins seize personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes sur la région de la Békaa, selon les autorités libanaises. La localité de Nabi Chit a été touchée au moins treize fois.

Ron Arad, quarante ans de mystère
Officier de l’armée de l’air israélienne, Ron Arad s’était éjecté en 1986 de son appareil abattu au-dessus du Liban lors d’une mission contre l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Capturé par des groupes chiites pendant la guerre civile libanaise, il avait pu envoyer des lettres à sa famille durant les premiers temps de sa captivité.
Les négociations pour sa libération ont définitivement cessé en 1988. Détenu probablement par le Hezbollah, Ron Arad est aujourd’hui présumé mort, ses restes n’ayant jamais été restitués. Son sort préoccupe Israël depuis des décennies, le rapatriement des soldats disparus étant considéré comme un devoir national.

L’épouse de Ron Arad Tami
L’épouse de Ron Arad, Tami, a réagi à l’annonce de cette opération par un courrier au Premier ministre Benjamin Netanyahu : « Notre désir de savoir ce qui est arrivé à Ron s’arrête dès lors qu’il met en danger des soldats. À nos yeux, le caractère sacré de la vie passe avant l’obligation de ramener les restes d’un soldat pour l’enterrer. »
Le Hezbollah avait lancé lundi une attaque contre Israël pour « venger » la mort de l’ayatollah Ali Khamenei en Iran, à la suite de l’opération israélo-américaine contre la République islamique. Israël a riposté par une vaste campagne de frappes aériennes sur le Liban.















