Les critiques internationales se multiplient lundi après l'approbation par le cabinet de sécurité israélien de nouvelles mesures renforçant considérablement le contrôle d'Israël sur la Cisjordanie. Ces décisions, qui n'ont pas besoin d'être approuvées par un autre organe, font craindre une annexion du territoire palestinien occupé depuis 1967.
Des mesures qui repoussent les limites des accords d'Oslo
Parmi les dispositions dévoilées, l'abrogation d'une loi datant de plusieurs décennies qui interdisait aux juifs d'acheter directement des terres en Cisjordanie. Les mesures facilitent également l'obtention de permis de construire pour les colons israéliens à Hébron et permettent aux autorités israéliennes d'administrer certains sites religieux situés dans des zones placées sous le contrôle de l'Autorité palestinienne.
Le ministre israélien des Finances Bezalel Smotrich, figure de l'extrême droite et lui-même colon, a applaudi des mesures permettant d'« enterrer l'idée d'un Etat palestinien ». « Nous approfondissons nos racines dans toutes les régions de la Terre d'Israël », s'est-il félicité.
À lire aussi
- Guerre en Iran : Trump lance l'Amérique au combat « au feeling »
- Pakistan et Irak : assauts pro-Iran contre des sites américains
L'ONU et l'UE condamnent d'une seule voix
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, est « gravement préoccupé », a indiqué son porte-parole Stéphane Dujarric. « Il met en garde contre le fait que la trajectoire actuelle compromet la perspective d'une solution à deux Etats. »
L'Union européenne a condamné « un nouveau pas dans la mauvaise direction ». « Conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, nous rappelons que l'annexion est illégale en droit international », a déclaré le porte-parole Anouar El Anouni. « Toute mesure concrète prise en ce sens serait considérée comme une violation du droit international. »
Les ministres des Affaires étrangères dArabie
Les ministres des Affaires étrangères d'Arabie saoudite, d'Egypte, de Turquie, du Qatar, de la Jordanie, des Emirats arabes unis, d'Indonésie et du Pakistan ont dénoncé l'imposition « d'une nouvelle réalité juridique et administrative en Cisjordanie occupée, accélérant les tentatives d'annexion illégale et le déplacement du peuple palestinien ».
Le silence américain avant la visite de Netanyahu
Les Etats-Unis n'ont pas commenté dans l'immédiat, alors que Benjamin Netanyahu est attendu à Washington mercredi. Donald Trump, pourtant soutien traditionnel d'Israël, a averti à plusieurs reprises par le passé qu'il ne lui « permettrait pas d'annexer la Cisjordanie ».
« Israël fait avancer l'annexion, c'est quelque chose que nous observons depuis trois ans, mais ce qui est significatif ici, c'est qu'Israël a aussi décidé d'affaiblir l'Autorité palestinienne », analyse Yonatan Mizrachi, de l'organisation israélienne anticolonisation La Paix maintenant.
Une colonisation record en 2025
Hors Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, quelque trois millions de Palestiniens vivent en Cisjordanie aux côtés de plus de 500 000 Israéliens installés dans des colonies jugées illégales au regard du droit international. La croissance des colonies a atteint en 2025 un niveau record depuis le début du suivi de l'ONU en 2017.
« Nous parlions jusque-là d'une annexion rampante, à présent c'est une course à toute allure », déclare Fathi Nimer, expert du groupe de réflexion palestinien Al-Shakaba. La présidence palestinienne à Ramallah avait fustigé dès dimanche soir des décisions visant à « approfondir les tentatives d'annexion ».











