La guerre au Moyen-Orient est entrée dimanche dans son neuvième jour sans aucun signe d'accalmie. Les Gardiens de la Révolution iraniens ont assuré être en mesure de poursuivre le combat pendant « au moins six mois » au rythme actuel des opérations, tandis qu'Israël a étendu ses frappes jusqu'au cœur de la capitale libanaise.
L'Iran promet des « frappes plus douloureuses »
« Les forces armées de la République islamique d'Iran sont capables de poursuivre au moins six mois de guerre intense au rythme actuel des opérations », a déclaré Ali Mohammad Naini, porte-parole des Gardiens de la Révolution, à la télévision d'État. Il a ajouté que « des attaques d'un nouveau style » seraient menées « au moyen de missiles de longue portée, avancés et moins utilisés ».
Le chef du Conseil suprême de sécurité nationale, Ali Larijani, a estimé que les États-Unis s'étaient « piégés » en misant sur une résistance iranienne de courte durée. « Ils pensaient que ce serait comme au Venezuela : ils frapperaient, prendraient le contrôle et ce serait fini », a-t-il déclaré.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a averti que « si l'ennemi tente d'utiliser le territoire d'un pays pour lancer une agression contre notre territoire, nous serons forcés de riposter ». La veille, il avait présenté ses excuses aux États voisins pour les frappes les ayant visés.
Beyrouth : un hôtel du front de mer touché
Dans la nuit de samedi à dimanche, une frappe israélienne a touché l'hôtel Ramada, situé dans le quartier de Raouché, sur le front de mer de Beyrouth. Quatre personnes ont été tuées et dix blessées, selon le ministère de la Santé libanais. Cette zone touristique avait jusqu'à présent été épargnée par les bombardements visant le Hezbollah.
Israël a décrit une « frappe de précision » contre « d'importants commandants » de la Force Qods, la branche des opérations extérieures des Gardiens de la Révolution. Un photographe de l'AFP a constaté une chambre au quatrième étage aux vitres brisées et aux murs noircis, et des dizaines de clients fuyant l'établissement avec leurs bagages.
Au total, 12 personnes ont été tuées dans des frappes israéliennes à travers le Liban dans la nuit, selon l'agence de presse officielle libanaise. Benjamin Netanyahou a affirmé que son pays allait poursuivre « de toute sa force » la guerre avec « un plan méthodique, avec de nombreuses surprises ».
Les pays du Golfe sous le feu
Le régime iranien réplique aux bombardements israélo-américains en envoyant des missiles et des drones vers des États du Golfe abritant des intérêts américains. Le Koweït a déclaré dimanche matin être toujours aux prises avec une attaque de missiles et de drones, après le ciblage des réservoirs de carburant de son aéroport international.
En Arabie saoudite, le quartier diplomatique de Ryad a été visé par une attaque de drone, déjouée selon le gouvernement. Les Émirats arabes unis ont signalé une menace de missiles et de drones dans la matinée. Les ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe tiendront dimanche une réunion d'urgence par visioconférence.
Des infrastructures pétrolières frappées pour la première fois
Fait nouveau dans ce conflit, les États-Unis et Israël ont visé samedi un dépôt de pétrole du sud de Téhéran, selon les médias d'État iraniens. C'est la première attaque rapportée contre des infrastructures pétrolières iraniennes depuis le début de la guerre. Un second dépôt de carburant dans le nord-ouest de la capitale a également été touché.
L'armée israélienne a annoncé le lancement d'une nouvelle vague de frappes pour toucher des sites militaires « à travers l'Iran ». Washington a évoqué un possible envoi futur de troupes au sol pour contrôler les stocks d'uranium enrichi, sans fixer de calendrier.
Les autorités iraniennes recensent environ un millier de personnes tuées depuis le début du conflit, dont 30 % d'enfants, des chiffres que l'AFP n'a pas pu vérifier. La Chine a dénoncé dimanche une guerre qui « n'aurait jamais dû avoir lieu », refusant un retour à « la loi de la jungle ».














