Au Kremlin depuis plus d’un quart de siècle et sans successeur désigné, le président russe Vladimir Poutine a cimenté sa stature de dirigeant aux accents autoritaires. De la répression de l’opposition à l’offensive en Ukraine, lancée il y a quatre ans, son parcours illustre une concentration du pouvoir sans équivalent dans la Russie post-soviétique.
Un pouvoir consolidé depuis 1999
Hormis un intermède en tant que Premier ministre de Dmitri Medvedev (2008-2012), Vladimir Poutine est président depuis le soir du 31 décembre 1999, lorsque Boris Eltsine annonçait sa démission. Réélu pour six ans en 2024 lors d’un scrutin dénoncé en Occident comme un simulacre, il peut rester au Kremlin jusqu’en 2036, année de ses 84 ans.
« Poutine ? C’est notre président depuis toujours ! » résume Sergueï Kondratiev, maçon de 29 ans. Évoquer sa succession reste largement tabou en Russie.
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Répression systématique de l’opposition
La mise au pas des oligarques a été l’un des premiers actes de son règne. Mikhaïl Khodorkovski, ex-patron du géant pétrolier Ioukos, a passé dix ans en prison avant d’être gracié en 2013.
Les libertés publiques, les médias et les ONG ont été étouffés. Memorial, organisation recensant les répressions soviétiques et celles du pouvoir actuel, a été interdite fin 2021. Boris Nemtsov a été abattu en 2015 à proximité du Kremlin sans que le commanditaire n’ait été identifié. Alexeï Navalny est mort le 16 février 2024 dans des circonstances troubles dans une prison de l’Arctique russe.
L’Ukraine, conflit déterminant
Après la guerre en Géorgie en 2008 et l’annexion de la Crimée en 2014, l’offensive à grande échelle en Ukraine lancée début 2022 a parachevé le divorce avec l’Europe occidentale. Cette guerre, entrée dans sa cinquième année, « va finir par être l’élément déterminant de sa présidence », estime Mark Galeotti, universitaire britannique spécialiste de la Russie.

Vladimir Poutine revendique des territoires ukrainiens et présente le conflit comme un combat de civilisations. La Cour pénale internationale le poursuit pour le crime de guerre présumé de déportation d’enfants ukrainiens.
Du KGB au Kremlin
Né dans le Léningrad d’après-guerre, Poutine intègre le KGB et est envoyé en Allemagne de l’Est dans les années 1980. La journaliste russo-américaine Masha Gessen le qualifie de personnage « terne » dans sa biographie. Sa grande faculté, selon Mark Galeotti : « travailler avec les gens », une expression que le spécialiste traduit comme « les utiliser ».
Sa vie privée reste entourée du plus grand secret. Divorcé, il aurait pour compagne présumée Alina Kabaïeva, ex-championne olympique de gymnastique. Lors de sa conférence annuelle en décembre 2025, interrogé sur le fait d’être « amoureux », il a répondu « da ».











